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Réseaux & territoires

Liberté et EHPAD

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 29/05/2017

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A domicile, en établissement d’accueil, dans le respect de ses proches

Annie de VivieLa nouvelle ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a réservé sa première visite dans un Ehpad associatif à Bonneuil-sur-Marne. Le lendemain, vendredi 26 mai, le journal Libération mettait en Une la photo d’une vieille dame nous faisant un doigt d’honneur ! Tous nos vieux de bonheur” titrait Libé : pour une vieillesse libre et assumée, chez soi.

Quelle coïncidence !

L’image de ces Ehpad est directement liée aux fantasmes et aux représentations négatives de la société à l’égard des personnes âgées, estime l’AD-PA (association des directeurs au service des personnes âgées). Les difficultés sont aussi importantes à domicile, mais moins visibles : insuffisance de temps passé, dévalorisation de l’identité, épuisement des aidants, salariés mal payés.

Les professionnels de l’Ehpad de Bonneuil-sur-Marne ont milité pour un rapprochement des acteurs du domicile, de l’Ehpad. Un parcours plus fluide, moins traumatisant.

Ceci demande de porter la vision d’un prendre soin positif sur tous les territoires.

L’adjoint au maire de Bonneil-sur-Marne a remis à la ministre un courrier demandant la défense d’un service public d’aide à l’autonomie au moment où la FHF évaluait à 200 millions d’euros la convergence budgétaire imposée à ses Ehpad adhérents.

Ces crédits, ce sont des emplois, dans un secteur notoirement sous-doté.

Le Synerpa a d’ailleurs invité Libération à saluer ces 400 000 salariés qui prennent soin de 700 000 personnes fragilisées dans plus de 7000 Ehpad en France.


On le sait, les besoins en soins vont aller croissant avec la démographie, la révolution de la longévité, l’évolution des familles, des proches aidants (attention à linjonction morale d’aider souligne Florence Leduc).

On le sait aussi l’épuisement professionnel devient prégnant dans le secteur de la santé (voir les guides HAS sur le burn out).

Nous ne pouvons plus accepter cette forme domerta sur les formations des professionnels, les manques, les besoins.

Comment supporter ces écarts entre les valeurs affichées par notre République Liberté, égalité et fraternité” et les exigences sécuritaires ? Voir les guides de réflexion éthique sur la liberté en Ehpad publiés la semaine dernière.

Une autre vision est possible, moins comptable, moins budgétaire, plus stratégique, centrée sur des indicateurs d’intérêt général (médicaments, hospitalisations, arrêts de travail/​qualité de vie au travail). Une vision qui fait écho à la démarche RSE, en cette semaine européenne du développement durable.

Certes cette vision va bousculer des habitudes, des pratiques ancrées, des organisations, des corporatismes. Les demandes de clarifications vont s’imposer.

Mais avons-nous le choix ?

Les nouvelles générations de résidents vont bousculer la donne.
Ou se résigner.
Et épuiser tous les entourages, toutes les finances publiques, devant un tel manque de sens, de souffle, de valeurs, de vie.

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