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Accompagnements & soins

Me Forest présente le partenariat de soins et de services

Auteur Rédaction

Temps de lecture 4 min

Date de publication 08/01/2020

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Changer de cadre et adopter le nouveau paradigme” du partenariat de soins et de services

Le partenariat de soins et de services est une relation de coopérationcollaboration entre le patient, ses proches et les intervenants de la santé qui s’inscrit dans un processus dynamique d’interactions et d’apprentissages et qui favorise une prise de décision libre et éclairée et l’atteinte de résultats de santé optimaux.

Ainsi, un patient/​un proche aidant-partenaire est une personne qui devient progressivement apte, au fil de ses traitements, à faire des choix de santé libres et éclairés. Ses savoirs expérientiels sont reconnus et ses compétences en matière de soins développées avec l’aide de l’équipe.

Fondée sur la reconnaissance des savoirs de toutes les parties, cette relation consiste pour les partenaires à planifier, coordonner les actions et à intervenir de façon concertée, personnalisée, intégrée et continue autour des besoins et du projet de vie du patient et de ses proches.

Mots-clés : confiance — partenariat de soins et de services – coopération – collaboration – interactions et apprentissages patients – proches aidants – soignant – intervenants de santé

Contexte


L’actualisation d’une démarche partenariale repose donc sur des interactions et des échanges inclusifs d’informations, d’éducation et de prises de décision. Ce « nouveau paradigme » comporte une exigence éthique incontournable à laquelle nous sommes toutes et tous confrontés, soit celle que nous repensions et vivions la relation à l’Autre dans une perspective réellement plus inclusive où il n’y ait pas de « vie minuscule ou majuscule », pour reprendre une expression forte du professeur Charles Gardou.

« Changer de cadre » ici suggère que les sujets se reconnaissent entre eux comme étant des partenaires égaux et qu’ils se rencontrent et partagent leurs savoirs et leurs expériences dans un environnement qui ne soit pas structuré selon une hiérarchie verticale, comme c’était le cas d’une médecine paternaliste attachée à fabriquer des patients immatures et dépendants. Or, tous les êtres humains sont égaux en valeur et en dignité. 

Pourquoi être partenaires ?


Bien sûr, en raison des bénéfices importants que les patients, proches aidants, intervenants, médecins et organisations de soins réalisent. Pour rappel seulement : meilleure adhésion au traitement, résultats cliniques accrus, valorisation des savoirs expérientiels, des diverses compétences et expertises des uns et des autres, augmentation du niveau de satisfaction au travail pour les intervenants, mobilisation du personnel au profit d’une meilleure rétention de la main‑d’oeuvre pour l’organisation, etc.

Mais platement parce que le droit l’exige, parce qu’il a choisi de consacrer les droits à l’autonomie et à l’autodétermination, à la dignité humaine, à l’intégrité, à la sécurité et à l’égalité, parce qu’il exige conséquemment de la part de tout intervenant de la santé de rechercher et d’obtenir un consentement (ou un refus) qui soit à la fois libre et éclairé. Faut-il toujours et sans cesse rappeler que le patient, pour parler de lui en particulier, est aussi un sujet de droit, titulaire de droits depuis longtemps enchâssés dans la loi ? Il m’apparait encore étonnant en effet que le monde reste coi dans une société qui a si mal à ses droits et libertés.

Là où le bât blesse à de rares exceptions près c’est dans le large et profond fossé qui sépare la reconnaissance formelle de droits fondamentaux et leur pleine effectivité dans la réalité des pratiques. Sommes-nous collectivement et individuellement capables de combler ce fossé des inégalités ? Avons-nous le courage de nos convictions ? Au-delà des mots. Au-delà de toutes ces approches humanistes que nous développons et préconisons. Les adoptons-nous seulement ?

Comment être partenaires ?


En présentant ce paradigme comme étant « nouveau », cela nous permet d’abord d’en questionner véritablement l’existence, pour ensuite jeter un regard critique et lucide sur sa mise en oeuvre en y réfléchissant ensemble. Pouvons-nous piloter ce changement essentiel ? En avons-nous les moyens ? Savons-nous comment acquérir les compétences qui assurent concrètement la transformation des façons de penser et d’agir ? Savons-nous comment se former au partenariat de soin, comment être de meilleurs partenaires du soin ?

Ai-je lancé un pavé dans la mare… ?
Je vais vous faire une confidence : la moutarde m’a très récemment monté au nez quand mes yeux sont tombés sur une des recommandations énoncées dans les nouvelles Lignes directrices canadiennes sur la maladie de Parkinson (2019), qui se lit comme suit : « elles prennent en compte le choix du patient et une prise de décision éclairée ». J’ai été choquée. Comme quoi il ne faut jamais rien tenir pour acquis. « Indignez-vous » qu’ils disaient, non ?!

Me Martyne-Isabel Forest
LL.M., ASC, médiatrice-santé (Québec, Canada).
Experte internationale du droit de la santé et des personnes, du droit des aînés et des aidants, d’éthique et de gouvernance.
Fondatrice de l’Édition québécoise du Prix « Entreprise & Salariés Aidants ».
Présidente, Communication Vision Innovation BE WISE, le partenaire stratégique des entreprises humanistes.
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