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Accompagnements & soins

Quels antivirus face aux impensés ?

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 26/02/2020

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Virus de la peur, des peurs

S’il n’existe pas (encore) d’antivirus, ni de vaccin contre le Covid-19 qui se répand dans le monde et nous oblige à nous préparer, nos sociétés n’ont pas encore pris la mesure du virus de la peur : celle du vieillissement, de la révolution de la longévité.

Ce virus tétanise les politiques qui repoussent les décisions alors que la démographie nous rattrape (avec un premier pic à 2030), alors que les situations sont déjà extrêmes avec des retards prégnants dans les établissements et les services à domicile, qui demanderont une action à très court terme, comme l’a compris le nouveau ministre de la Santé Olivier Véran.

Mais nous ne savons pas mesurer les impacts médico-économiques, nous ne savons pas envisager les gains, y compris économiques d’un changement de posture, de pilotage, insiste Marie-Anne Montchamp. Logement, aménagement du territoire, fiscalité, culture, formation tout au long de la vie, inclusion sociale, santé… sont des domaines complémentaires au seul silo du médico-social, indispensables à la révolution (réussie) de la longévité. Et si la CNSA activait des antivirus mobilisateurs, motivants comme des indicateurs de performance médico-économiques positifs pour les acteurs médico-sociaux et les métiers du grand âge ?

Le virus de l’âgisme n’est pas encore évident alors que les mots, les regards, les attitudes conditionnent les décisions, les postures et les arbitrages qui peuvent coûter chers (coûts de la non qualité, épuisements professionnels, épuisements des proches aidants).

Le virus de la peur du vieillissement pathologique, malade, handicapé, tétanise la pensée. Quels projets d’accompagnement personnalisés (PAP) ? On sait ce qui est bon pour vous, résument souvent les acteurs professionnels. Pourtant revoir la posture, inverser les logiques, mettre en oeuvre un contrat citoyen est libérateur et porteur de sens comme l’explique Philippe Crône, d’Humanitude Vie Sociale. Voir aussi cette semaine comment faire venir l’art à la rencontre des professionnels et des citoyens âgés pour mettre du beau dans la vie.

Et si la transition numérique venait bousculer les virus que sont ces serpents de mer qui sapent les énergies : DMP, interopérabilité des logiciels de soin (entre services, avec la télémédecine), sécurité des données et accès aux ressources ? La délégation du numérique en santé accélère le mouvement vers le médico-social en 2020.

Les antivirus viendront surement des acteurs eux-même qui inventeront les réponses de demain, qui bousculeront les métiers et arbitreront les financements et le pilotage territoire par territoire comme veut le montrer l’expérimentation lancée par le conseil de la CNSA dans 10 départements. Voir aussi cette semaine les enjeux du vieillissement en Outre-mer.

Je nous souhaite la force de diagnostiquer nos virus et de développer nos antivirus pour faire face aux impensés du grand âge.

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