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Qualité & management

Edito : Se préparer à l'enchaînement de crises

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 03/06/2020

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Crise sanitaire, canicule, épuisement professionnel, crise du sens…

Et si la vie des établissements et services médico-sociaux était une succession de crises internes, externes ?

La phase 2 du déconfinement s’organise : elle est très attendue pour certains, pour les proches et paradoxalement elle peut être compliquée pour ceux qui ont appréciés une organisation plus transversale, où le terrain était privilégié, avec des collaborations, des temps de présence renforcés…

Le retour à l’organisation d’avant va devoir s’accompagner aussi. D’autant que cette organisation pâtissait de manques, de besoins non pourvus, et ce depuis des années.

Des manques de protections (heureusement moins réels aujourd’hui, quoique), des incohérences et injonctions paradoxales, des fonctionnements en silos (sanitaire/médico-social, domicile/​établissement, soin/​prendre soin et vie sociale…) que la crise du covid-19 a fait voler en éclat avec des équipes engagées, motivées, présentes sur le terrain, auprès des personnes fragilisées, quel que soit leur domicile (lire l’interview de Thierry d’aboville de l’ADMR).

Cette crise sanitaire a néanmoins miné les énergies individuelles alors que les coûts de la non-qualité continuent d’exploser (pertes d’exploitation, absentéisme, accidents, arrêts de travail, frais médicaux…).

Comment vont-ils encore faire face à ces fortes chaleurs qui démarrent, à ce risque canicule qui faudra gérer en même temps que le risque covid-19 ?

On sait que sans une culture forte, l’organisation, l’engagement, la présence des équipes risquent de ne pas résister. Une vision inspirante porte, entraîne, mobilise, sur tous les champs : métier, sociétaux, environnement à quelques jours de la journée mondiale ce 5 juin.

Quand partagerons-nous la vision d’un vivre et mourir debout, quel que soit sa/​ses maladies et handicaps, dans une société pour tous les âges ? Quand partagerons-nous le fait que le vieux, c’est moi, demain ? Quand associerons-nous sans hiérarchie, le soin (cure) et le prendre soin (care) ? Quand accepterons-nous de renforcer les formations initiales en gériatrie et gérontologie ?

Et toute culture inspirante ne peut se déployer sans moyens pour la rédiger, la partager, sans équipes ajustées, formées, compétentes, soutenues. Il faut du temps pour son partage, sa communication, son appropriation. Il faut des temps d’évaluation, d’ajustement, des temps (et des compétences) pour la gestion des écarts, des non-conformités (comme sur le volet commercial dans l’aide à domicile), la gestion des conflits inévitables…

Si tous les professionnels de l’aide et du soin ont été mis dans la lumière pendant cette crise, faute de moyens, faute de temps, le secteur est au bout de ses forces, sur le terrain.

La société le ressentirait-elle enfin ?

Quelle énergie les plus âgés, leurs représentants, les élus, les fédérations professionnelles devront-ils encore déployer pour se faire entendre ?

Il y a urgence, en 2020, avant le dépôt d’une vraie loi grand âge-autonomie, d’un vrai 5eme risque de protection sociale.

Pour avoir les moyens de vivre et d’enchaîner les crises. 

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