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Accompagnements & soins

Colocation de personnes malades Alzheimer

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 18/08/2020

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La citoyenneté jusqu’au bout

Comme alternative au domicile historique et à l’établissement d’hébergement pour personnes âges dépendantes, la colocation à responsabilité partagée de la Maison du Thil à Beauvais accueille sept personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et des troubles apparentés. Elle suppose une mutualisation des aides personnelles et la présence locale de professionnels aguerris.



Mots-clés : habitats alternatifs — béguinage — domicile partagé — logements regroupés — colocation — maladie d’Alzheimer

Depuis de nombreuses années des formes alternatives d’habitat à destination de personnes âgées ont vu le jour. Le plus souvent de façon discrète car mal accueillies dans une organisation médico-sociale bipolaire entre le maintien à domicile classique et l’établissement.


Béguinage, domicile partagé, logements regroupés, colocation
… les appellations sont nombreuses à l’image de la diversité des besoins en ce domaine. 


La grande majorité des personnes âgées aspirent à rester chez elle, mais beaucoup expriment le désir de pouvoir trouver un lieu de vie qui leur apportent plus de confort, un sentiment de sécurité tout en préservant leur liberté et leur autonomie dans la prise de décision et surtout craignent de devoir « finir » en Ehpad. Des conjoints et des enfants de personnes âgées, des aînés, des élus se regroupent pour ensemble imaginer ce que pourrait être l’endroit où ils aimeraient vivre ou voir vivre leur parent, lorsque le grand âge arrive.

Le bricolage social réalisé par ces promoteurs de terrain a permis l’éclosion de nombreuses initiatives qui sont à l’image d’une attente sociétale nouvelle, complémentaire de l’offre actuelle habituelle.

Plus intégrées dans la cité, impliquant les habitants dans leur conception et dans les décisions du quotidien, s’appuyant sur les ressources locales, elles sont polymorphes en fonction de leur zone d’implantation et du public visé.

En décembre 2016, le gouvernement crée un Observatoire de l’habitat inclusif (ce sera son nom officiel) à destination des personnes âgées et des personnes en situation de handicap. En Juin 2019, la loi Elan donne une définition de cet habitat inclusif au risque de créer une nouvelle case au sein de l’organisation médico-sociale. Elle prévoit un forfait pour l’animation du « projet de vie sociale et partagé ». Un plan de déploiement est mis en place et un budget est alloué dés 2019. Les ARS et les départements sont appelés à se mobiliser.

La Maison du Thil, colocation à responsabilités partagées à destination de personnes malades Alzheimer, que les Petits Frères des Pauvres a ouverte en 2016, suite à plusieurs années d’accompagnement d’un groupe de citoyens engagés localement, est une des nombreuses illustrations de ce mouvement. S’appuyant sur une implication des familles, la mutualisation des aides individuelles et l’engagement d’une équipe de bénévoles, ce lieu de vie montre que des alternatives sont possibles mais encore fragiles.

Chaque commune, chaque établissement médicosocial, sera amené prochainement à réfléchir et à s’associer au développement de ce type d’habitat qui participera d’une adaptation et modification de nos pratiques face à une nouvelle demande émergente.

François-Xavier Turbet Delof : directeur adjoint de l’association de gestion des Petits frères des Pauvres (PFPAGE). Coanimateur du collectif Habiter Autrement qui rassemble des organismes oeuvrant à la promotion de l’habitat alternatif. Membre de l’observatoire national de l’habitat Inclusif.

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