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Accompagnements & soins

Edito - Pièce à conviction : laquelle ?

Auteur Annie De Vivie

Temps de lecture 3 min

Date de publication 25/11/2020

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Quelle conviction pour le grand âge ?

Les professionnels du grand âge ont eu du mal à regarder le dernier magazine Pièces à conviction sur France 3, intitulé Covid-19, que se passe-t-il vraiment en Ehpad ?

Quelle conviction vient-il alimenter ?

L’Ehpad bashing ? Pourquoi tirer ainsi sur l’ambulance qui doit suivre ses nouvelles consignes covid ? Pour s’acharner au point de piétiner l’attractivité des métiers pourtant indispensables avec des milliers de postes vacants ?

Le gouffre entre deux extrêmes : héroïsation des soignants d’un côté et défiance envers des soignants maltraitants de l’autre ?

Le gouffre entre la satisfaction des soignants de terrain comme les aides-soignants qui fêtent leur journée mondiale ce 26 novembre et leur invisibilité dans la société ?

La peur de vieillir, de mal vieillir, des pathologies neuro-évolutives, neurodégénératives et leurs troubles du comportement associés, le déni de la mort, l’âgisme individuel et collectif…

La conviction que ces métiers relèvent de la vocation jusqu’au sacrifice, ou relèvent de la culture soignante, sachant ce qui est bon pour l’autre ?

La conviction qu’il semble impossible” d’atteindre des dotations financières et professionnelles correctes pour prendre soin avec dignité ? (Que n’avons-nous pas entendu au sein du collectif Une société pour tous les âges pour un vrai 5eme risque de protection sociale, pour compenser les situations de handicap sans plus de discrimination liée à l’âge ? Aujourd’hui le principe est acté, reste à arbitrer les financements associés).

La conviction que la non-qualité est irréversible avec l’augmentation croissante des accidents du travail, des arrêts, l’absentéisme, de la sur-médicamentation, des recours aux urgences, aux hospitalisations ?

Des convictions délétères mais qu’il faut savoir regarder en face, sans angélisme, pour en prendre conscience et les faire évoluer.

Et si on alimentait d’autres convictions :

La conviction que l’on peut aider à vivre, vieillir debout, jusqu’au bout, malgré tout : question de culture individuelle et collective, question de moyens associés, questions d’ajustement des formations initiales de tous les professionnels en contact.

La conviction que la vie c’est le lien, les projets, la relation au coeur du soin et non pour lui. La conviction qu’il faut éthiquement interroger la médicalisation de nos vies, de nos fins de vie et négocier les équilibres entre protection et sur-protection, sécurité et liberté (le thème de notre colloque annuel 100 % virtuel qui rencontre un joli succès et reste accessible jusqu’au 8 janvier). Voir cette semaine ces dispositifs d’hygiène inefficaces face au covid.

La conviction que l’amateurisme n’est pas possible mais qu’au contraire un haut niveau de professionnalisme est requis pour accompagner ces situations humaines extrêmes (polypathologies, troubles du comportement, handicaps, fin de vie), en pleine crise sanitaire, alors que l’évolution démographique s’accélère partout sur les territoires. Gageons que la mission confiée à Michel Laforcade permette d’améliorer enfin, concrètement, l’attractivité de ces beaux métiers.

La conviction que le pire n’est jamais sûr et que l’avenir n’est pas écrit : avec ces Silver Awards qui récompensent des équipes d’étudiants engagés, avec ces parcours résidentiels dont les résidences autonomie et les résidences services seniors qui partagent leur expérience de la crise sanitaire, avec ces réflexions vers l’Ehpad du futur qui pourrait être une des solutions clés à la révolution de la longévité. Une solution attirante, rassurante, accessible, ouverte, professionnelle, source d’emplois, de qualité de prendre soin labellisée. Une solution qui intègre vraiment la fonction domiciliaire alors qu’aujourd’hui les professionnels du domicile continuent de s’outiller quand leurs primes et salaires font du surplace.

La conviction que les métiers du grand âge sont de beaux métiers, des métiers indispensable, dont on peut être fiers et que l’on va recommander aux élèves et étudiants garçons et filles.

Car Mourir avec un sourire doux, c’est merveilleux” témoigne avec émotion Monsieur Schustermann, habitant d’un Ehpad à la toute fin de la conférence Casip-Cojasor le 18 novembre dernier.

Une conviction communicative pour de futurs magazines Pièces à conviction.

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