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Réseaux & territoires

Quand les décisions et colères de Denise(s) nous apprennent

Auteur Annie De Vivie

Temps de lecture 2 min

Date de publication 16/12/2020

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La culture du respect réciproque

D’un côté la lettre d’une Denise de 88 ans circule sur le web pour exiger le respect de sa liberté, malgré la crise. C’est un coup de gueule adressé au président de la République.

De l’autre une lettre de réanimateurs rend hommage à une autre Denise qui a souhaité laisser sa place en réanimation et exigé le respect collégial de son choix.

Ces Denise(s) invitent, demandent, voire exigent de tous les professionnels de la gérontologie, de la gériatrie, qu’ils négocient avec elles leurs choix, leurs envies, leurs possibles.

Le choix de vieillir chez soi, dans son domicile historique ou dans des domiciles adaptés : voir cette semaine la mission confiée à Luc Broussy sur l’habitat et le vieillissement et les pièges de l’institutionnalisation même dans les habitats dits inclusifs.

Le choix de vieillir debout en préservant sa continence (un bon diagnostic, le bon produit au bon moment et les budgets s’améliorent jusqu’à 40 %), en évitant la dénutrition (voir notre dossier cette semaine).

Le choix de rester entouré, impliqué, selon ses capacités, ses capabilités, au-delà de ses besoins en aides, en soins. Le pouvoir de remercier aussi (ce que vous êtes nombreux à nous témoigner pour les 20 ans d’Agevillage/​Agevillagepro : vos soutiens nous font du bien en cette période compliquée).

Le choix de vivre entouré de professionnels sereins, investis, à la qualité de vie au travail respectée pour éviter les coûts de la non-qualité (voir les travaux de l’Aract Auvergne-Rhône-Alpes pour la QVT entre les aides à domicile et les proches aidants).

Le choix de se faire vacciner contre la covid : des négociations pas simples mais nécessaires alors que le secteur est notoirement sous tension comme le montrent de nouveaux rapports parlementaires.

Ces Denise(s) ne sont pas dupes : elles savent que leurs choix se négocient, mais elles veulent être considérées, parties prenantes et que leurs choix négociés soient respectés avec l’appui de leur représentant, de leur personne de confiance le cas échéant.

Or dans de nombreux services, cette culture de l’évaluation, de la négociation avec les parties prenantes et leurs représentants (CVS), cette culture de la décision collégiale, tracée, respectée, alignée avec les valeurs, avec le projet d’établissement ne sont pas encore une évidence.

Or les professionnels eux-mêmes sont atteints par ces manques.

Ils sont sidérés d’être informés des dernières consignes via twitter, le samedi.

Ils sont exaspérés des exigences urgentes” alors qu’ils alertent depuis si longtemps pour des recensements des besoins, des formations à la truelle, des écarts imposés entre leurs valeurs professionnelles et le prendre soin proposé au quotidien…

Le soin, le faire avant tout ? Ou la vie avant tout ?

Les frustrations, la colère des uns des autres montent… Jusqu’aux prochaines revendications des personnes concernées elles-mêmes ? Jusqu’à la prochaine colère des professionnels eux-mêmes ?

A quand une mobilisation de toutes les Denise(s) pour participer à l’organisation de filières de proximité de prendre soin, dignes de ce nom, respectueuses de tous et donc des professionnels de terrain.

Pour les Denise(s) d’aujourd’hui. Pour nous demain.

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