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Qualité & management

Covid : un an après

Auteur Annie De Vivie

Temps de lecture 3 min

Date de publication 17/03/2021

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17 mars 2021.

Voilà une année que débarquait ce virus dans les ESMS. Il a frappé les plus fragiles. Il a épuisé les professionnels de première ligne, dans tous les domiciles. Il a aussi porté un coup de projecteur à ces métiers indispensables à la société. Les uns et les autres ont ressenti ce que cela voulait dire qu’être reclus, isolé, confiné, quel que soit l’âge. Les métiers du lien, du prendre soin, véhiculent plus de magie que moi affirme Amandine Petit, Miss France 2021 qui veut devenir directrice d’Ehpad.

La crise a secoué les projets, les organisations, mis en lumière la pluridisciplinarité et l’interdisciplinarité nécessaires pour prendre soin de situations complexes, voire extrêmes. Les résistances au numérique sont tombées (avec vigilance quant aux cyber-attaques). 

Après la sidération, les manques de protection, les chiffres macabres égrenés chaque jour, les recommandations se sont succédées et sont devenues consignes, protocoles, voire doctrines. 

Communiquées parfois la veille pour le lendemain… ces recommandations protocolisées ont participé au sentiment de fatigue, voire d’épuisement constaté sur le terrain. Avec des professionnels qui rechignent à la vaccination, elle-même secouée par l’enquête en cours de l’Agence européenne du médicament sur le vaccin AstraZeneca.

Mais comme on peut le voir cette semaine : la dernière version pour les Ehpad défendue par Brigitte Bourguignon prône le retour à une vie la plus normale possible, le retour des rencontres, des liens, des touchers, de la convivialité, si indispensables à notre humanité.

Mais un an après le déclenchement de la crise sanitaire, force est de constater que nos retards subsistent face aux défis de la longévité.

Le domicile s’insurge contre les oublis du Ségur de la santé, la prime défiscalisée qui cache la crise des rémunérations. De son côté le Conseil constitutionnel vient de revoir la possibilité de recevoir des dons de personnes accompagnées pour les auxiliaires de vie aux domiciles.

Les ESMS attendent le calendrier des évaluations internes/​externes. Elles doivent reprendre au second semestre 2022 avec un nouveau référentiel opposable dont la version partagée n’a pas brillé par son ambition, ses repères éthiques clairs et ses modes d’évaluations mobilisateurs.

Les coûts liés à la crise sont là : épuisements des équipes, difficultés de recrutements des professionnels mais aussi des clients… avec des modes de compensations et des investissements à venir de la part des pouvoirs publics (Campagne budgétaire, Ségur, PAI).

Malgré tout, les équipes cherchent à être fières de leur prendre soin. Elles continuent d’innover et de s’impliquer sur le terrain. Dans la Loire où des chirurgiens-dentistes de l’association PBDS soignent gratuitement les résidents en Ehpad. Du côté de la lutte contre la dénutrition, on se bouge pour ne plus voir certains plats (ceux à textures modifiées modifiée, le splach” comme disait le Pr Rapin) encore servis aux plus âgés fragilisés. Et en cette journée du recyclage : saluons cette armoire à farfouille comme support de diversion en cas d’angoisses, de troubles du comportement.

Parce que malheureusement l’impensé perdure quant au haut niveau de professionnalisme requis pour accompagner le grand âge fragilisé, debout, jusqu’au bout, malgré tout.

Des formations initiales aux solutions d’accompagnements et d’accueil aux repères éthiques clairs, les réponses du monde d’après” peinent à se déployer faute d’une politique structurée et faute de financements que devait activer la loi Grand âge-Autonomie.

Une noble cause qu’Amandine Petit ira porter au concours international de beauté, Miss Univers.

Une première mondiale encourageante pour tous les professionnels de la gérontologie !

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