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Qualité & management

Edito : L'éthique démocratique quoi qu'il en coûte

Auteur Annie De Vivie

Temps de lecture 3 min

Date de publication 04/02/2021

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Ce titre l’éthique quoi qu’il en coûte est celui du dernier ouvrage d’Emmanuel Hirsch « Une démocratie confinée ” aux éditions érès. Invité de France Inter ce 29 janvier, le professeur d’éthique médicale invite à mobiliser dans ce contexte de crise, toutes les forces vives, de terrain, qui font face au quotidien.

Il interroge la gouvernance solitaire, verticale, entre experts, entre sachants.

Face aux circonstances inédites (crise, virus mais aussi révolution de la longévité), quand des décisions contraintes sont à prendre (confinement, déconfinement, vaccination à prioriser…), il regrette qu’une concertation publique n’ait pas été organisée. Il proteste sur la fin de la commission parlementaire d’information sur le Covid 19.

Emmanuel Hirsch est aussi le directeur de l’Espace de réflexion éthique de la région Ile de France où travaille le philosophe Fabrice Gzil.

Ce dernier apporte sa pierre à l’éthique quoi qu’il en coûte”, par un document-repère très concret qui outille les acteurs de terrain face aux dilemmes éthiques quotidiens.

Il vient renforcer concrètement les métiers du grand âge, les acteurs des parcours, des guichets uniques : des missions confiées à deux experts Michel Laforcade et Dominique Libault.

Cette éthique en pratique fait échos à l’enjeu du droit à l’erreur, à la nécessité de partager ses erreurs pour mieux les étudier, les évaluer et les éviter. Et c’est un autre expert, le mathématicien François Jaulin, devenu médecin, qui nous y invite, concrètement.

Parce que les pièges sont nombreux.

Le piège de l’abandon devant la difficulté, la crise, la complexité, les manques de repères éthiques opposables dans ce secteur notoirement sous-doté.

Le piège de l’acharnement au contraire, du faire pour faire, de l’enchaînement des soins auprès de personnes qui deviennt des corps, des pathologies, des numéro de chambre… Et cela coûte en perte de sens, en risques de soins de force, en épuisements professionnels, en troubles du comportements aggravés.

Le piège de la culture soignante, sachante, experte, qui sait ce qui est bon pour l’autre. Une culture revenue en force avec les exigences hygiénistes, les mesures barrières plus imposées que négociées au regard de la crise sanitaire.

Le piège de l’âgisme insidieux, mal repéré par les citoyens âgés concernés eux-mêmes qui ont du mal à défendre leurs droits (au risque, aux aides sans discrimination liée à l’âge), leurs libertés, leurs projets, leurs envies, debout, jusqu’au bout de la vie… Cet âgisme rejaillit sur les professionnels mal traités, non revalorisés alors qu’ils sont si vite portés en héros ! comme le souligne Pascal Champvert, président de l’AD-PA. L’âgisme dégrade aussi l’image des métiers du Grand âge, des services, des établissements où l’on ne vivrait qu’enfermé (titre du documentaire sur Arte cette semaine, en immersion lors de la 1ere vague).

A nous de repérer ces pièges et d’organiser les lieux de concertations démocratiques pour les partager, proposer des pistes de réponses alignées avec nos valeurs républicaines.

Cette semaine la rédaction s’est mobilisée pour vous faire découvrir les ressources pour lutter contre l’isolement à l’échelle locale, déployer des bonnes pratiques pour la santé des pieds des sujets âgés et s’approprier la norme RABC dans le traitement professionnel du linge, celui des habitants des Ehpad, notamment au regard de cette crise sanitaire.

Nous sommes à vos côtés pour outiller la gouvernance démocratique, les espaces citoyens de discussion (CVS, conseils de la vie sociale ou autres) dans tous les services et lieux d’exercice de la révolution de la longévité, ambassadeur de l’aide à l’autonomie, debout jusqu’au bout. Pour un respect mutuel des différentes parties prenantes : personnes fragilisées, proches aidants, professionnels.

A vos côtés pour développer une culture du risque à hauteur des défis auxquels nous sommes confrontés”, comme le souligne Emmanuel Hirsch.

Pour l’éthique quoi qu’il en coûte afin de ne pas sombrer et d’assister à la fuite des professionnels de ce secteur pourtant porteur de sens, de merveilleux métiers.

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