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Qualité & management

Emplois, immobilier, financements... Qu'est-ce qu'on risque ?

Auteur Annie De Vivie

Temps de lecture 2 min

Date de publication 24/03/2021

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Alors que la crise sanitaire meurtrière perdure avec des clusters, des services hospitaliers sous tension, des professionnels fatigués et une vaccination moins plébiscitée par ces derniers… la révolution de la longévité avance.

Le vieillissement démographique continue sa course malgré tout. C’est une chance, une source de richesses, de progrès, d’investissements d’intérêt général. Mais le vieillissement est plus souvent perçu comme un défi associé à beaucoup de risques qui touchent les professionnels de la gériatrie, de la gérontologie mais aussi les élus aussi.

L’occasion de s’interroger sur la notion de risque. Car le risque zéro n’existe pas.

Coté éthique : qu’est-ce qu’on risque à agir ? A ne pas agir ? Face aux dilemmes éthiques, aux situations à risque de maltraitance, à l’âgisme contre lequel l’OMS part en campagne… le risque serait de se laisser submerger par le sentiment d’impuissance, d’abandon, d’isolement et de rester tétanisé, figé, bloqué. Mais le risque serait aussi de tomber dans l’activisme, la réactivité à tout prix”, immodestement, en tirant trop vite les leçons de la crise sanitaire. Présomptueux, estime le Dr Bernard Pradines.

Côté emplois : qu’est-ce qu’on risque à agir ? A ne pas agir ?
Le cercle vicieux de la non-valorisation, de la sous-qualification, des manques de repères et de technicités pourtant indispensables pour prendre soin des situations complexes se retournent contre le système, contre les services, contre les employeurs, avec des taux de sinistralité qui font peur (voir les débats EuroGip du 9 mars dernier sur les risques professionnels des métiers du grand âge). Encore faut-il une vision, des perspectives, des repères, un professionnalisme repensé et des financements pour renverser la tendance. La crise sanitaire a montré l’importance du pluridisciplinaire et de l’interdisciplinaire pour réfléchir en collégialité avec les premiers concernés, aux ajustements du prendre soin personnalisé. Et tout le monde y gagne : la qualité de vie des personnes fragilisées, la qualité de vie au travail des professionnels, les recours aux hospitalisations, aux médicaments…

Côté immobilier
 : si c’est le sujet numéro un étudié lors des rachats d’Ehpad notamment (voir cette semaine le décryptage des fusions-acquisitions avec le rachat de Odyssenior par le groupe Colisée), 25 % des ESMS n’ont pas été rénovés depuis 20 ans. Le Ségur lui flèche des crédits dédiés. Voilà encore un levier positif du vieillissement avec des investissements porteurs d’emplois, d’innovations, de services à repenser face aux enjeux dus la longévité.

Et côté financements : qu’est-ce qu’on risque à agir, à ne pas agir ? Beaucoup selon les membres du conseil de la CNSA qui estiment autour de 17 milliards d’euros les financements à mobiliser, à pérenniser… Reste à savoir comment : cotisation (CSG), impôts, assurance obligatoire, collective ?

Certes les choix, les arbitrages risquent de ne pas voir leurs effets dans les prochaines élections, mais qu’attend-on pour agir ?

Et si on parvient à trouver des pistes non invasives, finançables, pour vieillir debout, malgré tout, jusqu’au bout : qu’est-ce qu’on risque à les déployer ? 

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