Agevillage

Transformation des unités de soins longue durée en milieux de vie

Le résident-client doit être au coeur des préoccupations de la structure


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Marguerite Mérette est l'auteur de "Pour la liberté d'être". A ce titre, elle a apporté ses connaissances, puisées dans son expérience personnelle, aux équipes de formateurs de l'AQESSS(Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux) et de l’AEPC (Association des Etablissements Privés conventionnés) chargées de dispenser, dans le réseau québécois des soins de longue durée, la formation «L'amélioration de la qualité du milieu de vie en hébergement et soins de longue durée».Le 4 mai dernier, au siège d'Agevillage, elle faisait part de ses réflexions et de ses analyses sur ce concept de «milieu de vie» au Québec et sur la manière, théorique et pratique, avec ses difficultés et ses satisfactions, dont les institutions québécoises ont entrepris cette transition qui les conduits de milieux de soins en milieux de vie."Contention, barrière de lit, protection contre l’incontinence dans les établissements et soins de longue durée du Québec, comme ailleurs, jusqu’à ces dernières années on faisait toujours un peu plus de la même chose sans se poser de questions, sans vraiment savoir pourquoi et pour qui on le faisait. « Empêcherquelqu'un de se lever, le fait on dans le monde ordinaire ? » interroge Marguerite Merette. « Etre dans un milieu de soignant conduirait-il à penser en dehors des valeurs les plus fondamentales ? L’objectif n’est-il pas que la personne hébergée se sente chez elle ?La prise de conscience était nécessaire. Des familles ont observé, posédes micros, alerté des journalistes, porté plainte. Le ministère s’est senti interpellé et a missionné des équipes constituées de personnes extérieures aux établissements et de membres du conseil des représentants des malades pour réaliser des enquêtes. Le rapport des visites du ministère a été publié sur internet.

Comment, dans les faits, mettre en pratique ce que l'on veut faire ?

L’essentiel est de mettre la personne hébergée, "client" de l’établissement, au centre de l’organisation.Tout ce qui est fait doit l’être au regard de sa qualité de vie, de son bien être, non pas au regard du fonctionnement de l’établissement. Lapalissade ? Certainement. Et pourtant …Certes chacun fait pour le mieux, et si l'on fait "mal", ce n’est pas parce qu’on est mauvais mais parce qu’on a passé du temps à envisager les choses d’une certaine manière, pas toujours dans le bon sens. Or il n'y en a qu'un : celui du résident et de ce qui est bon pour lui. Par exemple laisser au lit une personne parce que ses soins l'exigeraient n'est pas penser à sa qualité de vie si celà l'empêche de profiter de sa famille venue le visiter et se promener en sa compagnie.

  • Partager la vision - Dans les établissements reconnus pour la qualité de leur service cette vision est partagée. C’est la première des clés de la réussite du changement à opérer.
  • Mesurer l’écart entre la situation existante et la situation souhaitée pour l'amélioration de la qualité de vie du résident.
  • Chercher le sens de ce que l’on fait. L’organisation c’est chacun de nous. "Il faut comprendre le sens de ce que l’autre fait pour que le sens de ce que je fais aille dans le sens de la perception du résident."
  • Orienter toute l'organisation dans le sens du résident, à commmencer par le directeur qui doit soutenir le personnel dans cet objectif. Les soignants sont au service des personnes hébergées, pas de la structure si la structure oublie sa mission.A ce propos Marguerite Merette signale un moyen simple de ne jamais l'oublier. Dans un établissement lors de réunions d'organisation si le résident semblait "disparaître" des préoccupations, une petite poupée le représentant était mise sur la table, afin de le ramener au centre des décisions à prendre. Ainsi il était plus facile de vérifier que l'on ne perdait pas le sens...Enfin, insiste Marguerite, le changement appartient à chacun, à l'engagement individuel de mettre son pouvoir au service de la personne. "Cette motivation, est un virus qui s'attrape" conclut Marguerite Merette.Pour retrouver Marguerite Merette, son engagement et ses ouvrages, sur son site : cliquer ici



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