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Ehpad, domicile : les réponses de l'Etat jugées insuffisantes

« Enfumage »


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Cycles d’audition, annonces à la presse quant aux « effets négatifs » de la réforme de la tarification, rapport sénatorial : la question des Ehpad était à nouveau au centre de la communication politique la semaine dernière. Mais à la veille de la journée de mobilisation du 15 mars, ces réponses seront-elles suffisantes ?

De cinq organisations en octobre à dix aujourd’hui. Sans compter les soutiens qui se multiplient, médecins, familles (avec France Alzheimer notamment), retraités, le domicile avec l’Una, l’Anccas… Force est de constater qu’en quelques mois, la mobilisation prend de l’ampleur.

Face à ce mouvement de plus en plus transverse - Frédéric Lopez, de Sud AP-HP, comptait parmi les intervenants de la dernière conférence de presse le 9 mars -, les réponses du gouvernement interrogent.

Le 27 février, le ministère annonçait par communiqué l’ouverture d’un cycle de rencontres pour « répondre aux enjeux du vieillissement », qui déboucherait fin mars sur une feuille de route dédiée. Au moment où nous écrivons ces lignes, ni l’intersyndicale ni ses membres n’avaient été contactés.

« Enfumage »


Le 7 mars, Agnès Buzyn déclarait à la commission des affaires sociales du Sénat s’engageait à « neutraliser les effets négatifs » de la réforme de la tarification, que le médiateur Pierre Ricordeau lui soumettrait des propositions en ce sens à la fin du mois.

Et pendant ce temps, « plus de signe de vie quant au groupe de travail sur l’évaluation de la réforme », indique Romain Gizolme, directeur de l’AD-Pa.

« Tout ça participe de l’enfumage », rétorque Luc Delrue, secrétaire national de Force ouvrière. Pour le syndicat, l’urgence est d’abroger la réforme « pas de réfléchir pendant deux ans tout en la maintenant ».

Le rapport du sénateur Bonne préconise d’ailleurs d’« interrompre la mise en œuvre de la réforme tarifaire », au moins provisoirement.

Le syndicaliste poursuit : « ce ne sont pas des mesures de correction qui vont permettre de préserver l’emploi », estimant que dans le secteur public, la convergence à la baisse équivaut à la suppression de deux ETP par établissement par an.

Par ailleurs, pour les syndicats, le focus sur le forfait dépendance masque un second problème, celui du forfait soins. Si la convergence va permettre à 8 établissements sur 10 de recevoir des financements supplémentaires de l'assurance maladie, quid des autres ? Sans compter qu’au regard des besoins accrus des résidents, l'enveloppe risque de ne pas être suffisante.

« Et pour pallier le manque d’aide-soignant, ce sont les ASH qui font fonction, des ASH payés sur le forfait hébergement, donc par l’usager », souligne Evelyne Rescanières, secrétaire nationale de la CFDT santé sociaux.

« On ne comprend plus le silence de l’Etat »


Mais plus largement, « le gouvernement ne répond pas aux demandes du mouvement », affirme Romain Gizolme. « L’intersyndicale porte un mouvement sociétal (…). Agnès Buzyn répond technique quand on lui parle politique, c’est l’accompagnement des personnes âgés qui est en jeu. »

Face à des annonces jugées insatisfaisantes et des demandes de rendez-vous avec Agnès Buzyn et Emmanuel Macron qui restent lettre morte, les membres de l’intersyndicales s’interrogent. Et espèrent décrocher un entretien avec la ministre le 15 mars.


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