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De la culture familiale à celle de la collectivité


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Il y a peu, au début du siècle précédent, l’immense majorité des personnes âgées finissaient leur vie dans leur famille. Ce n’est plus le cas. Le développement des établissements spécialisés va croissant. Désormais, 13 % des françaises et français y meurent en 2016, davantage si l’on compte celles et ceux qui sont transférés en dernier lieu en hôpital ou en clinique. Du jamais vu.

Au cours de mes dix-huit années d’exercice médical institutionnel, je fus frappé par l’attitude des proches aidants qui demeure marquée exclusivement par des considérations familiales : chacun vient plaider ou protester pour le sien, presque toujours sans vision globale des problématiques rencontrées par l’institution.

L’information fournie par celle-ci peut être inexistante. Dans tous les cas, elle circule mal ou pas du tout. Alors que tous déplorent peu ou prou le coût des maisons de retraite, bien peu (aucun ?) sont au fait du budget de l’endroit. Les conseils de la vie sociale peuvent être des coquilles vides. Les candidatures ne se bousculent pas. Il n’y a que rarement une association vraiment représentative des usagers, ici composée essentiellement des familles des résidentes et des résidents. Apparaissent quelques familles particulièrement motivées, parfois dans une attitude globalement négative de rejet de leur situation propre et de celle de leur parent.

Ce qui suit est difficile à écrire. Nous sommes passés insensiblement d’une sorte d’artisanat de la famille à la catégorie du management collectif, une forme d’industrialisation de la vieillesse.

Pourtant, la scène se joue encore sur le terrain du mélodrame familial, pas dans le registre du collectif. Il est vrai que cette dernière dimension n’a cessé de diminuer au cours des dernières décennies : désaffection pour l’action syndicale, défiance accrue envers la politique, réseaux associatifs en quête de bénévoles, surtout dans les secteurs de la solidarité.

Une note d’espoir : les mouvements de l’hiver 2018 ont su rassembler, pour la première fois, les acteurs du terrain, bien qu’encore trop timidement mobilisés : salariés, directeurs, familles, citoyens.

Il ne faut pas désespérer de l’avenir !


mis à jour le



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Vos réactions

VIENNOISE

18/10/2018 18:10

Pas de désespoir !


Non, aucun désespoir ! Je pense que les porteurs d'EHPADs vont vite être sur ... la paille, car qui va pouvoir payer 3000 euros par mois avec nos petites retraites. Il va bien falloir trouver d'autres formules, et ce n'est certes pas l'Etat qui pourra payer. Le développement des "services à domicile" pourra-t-il suffire ?! J'en doute mais ... TOUT EST POSSIBLE, l'être humain est si inventif, là réside l'espoir et la confiance.



VIENNOISE

06/10/2018 02:10

Evolution des moeurs en un siècle.


J'ai le souvenir, alors que je n'avais que 14 ans, d'avoir assisté à plusieurs fins de vie dans ma famille (et dans d'autres) : les "vieux" mouraient avec bien peu de soins, et sans grand intérêt de la part de la génération suivante ! Je m'interroge sur l'espèce de culpabilisation que subissent les familles actuellement, rencontrées dans des EHPADs où j'ai exercé : pourquoi la génération des 50-70 ans s'inquiète-t-elle autant de leurs parents ??? Et pourquoi ne cesse-t-on de trouver que nos personnes âgées sont mal prises en charge ? La SEULE REPONSE que j'y trouve est en effet le poids de la culpabilité de ne plus être capables de garder nos parents à notre propre domicile ... Comment ce soutien pourrait-il continuer actuellement, du fait du travail des femmes de la génération d'après guerre(s) du 20ème siècle ? Les femmes culpabilisent-elles autant d'avoir fait le choix de travailler ?! Est-ce le prix (excessif) à payer pour les femmes à s'être autorisées à travailler et à avoir conquis leur autonomie (très relative (car devenues esclaves de leur employeur bien souvent) ?! Et qui a été vraiment gagnant du travail des femmes : les parents ? le couple ? les enfants ?! L'on peut certainement affirmer que le grand gagnant est le patronat. Signé : une femme



RC

05/10/2018 10:10

Dr


vraiment dans le vif du VRAI sujet ! ne pas désespérer ? .. il vaut mieux !




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