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Tribunes du Docteur Bernard Pradines

Avenir des soins de longue durée : comment concilier politique et éthique des soins


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Bernard PradinesLa notion de soins de longue durée doit être interrogée : s’agit-il des anciens services français de long séjour ainsi rebaptisés ? Ou bien de la prise en charge au long cours, en établissement ou à domicile, de patients âgés souffrant de pathologies instables potentiellement ou réellement invalidantes ?

S’il est bien question ici des établissements français ainsi dénommés, le propos sur l’avenir vient en contrepoint de la réalité : celle du passé. Ils constituaient 17,3 % des lits hospitaliers, tous secteurs confondus, avant « réforme ». Ainsi, de plus de 80 000 lits au début des années 2000, nous voici rendus à … 7 940 à la fin de l’année 2011*.
Quant à lui, le verbe « concilier » suppose une opposition entre éthique des soins et politique. Mais aussi qu’une volonté d’harmonie se manifeste.

La réduction drastique des services de soins de longue durée en France n’est pas un phénomène politique isolé. Elle repose sur une diminution globale de toutes les capacités d’hospitalisation, à l’exception des soins de suite et de réadaptation (SSR)**.
Par ailleurs, la pertinence de distinguer deux populations de personnes âgées dépendantes est ici en cause : d’une part celles nécessitant une surveillance et des soins médicaux communément présents en centre hospitalier, d’autre part celles pouvant rejoindre un EHPAD. Là est la pierre d’achoppement. Selon que l’on envisage ou non cette orientation différentielle (le bon patient dans le bon lit) ou bien que l’on croit dans la possibilité d’offrir partout une prestation de qualité pour tous, l’appréciation de la situation actuelle sera totalement différente. L’avenir dépend des décisions qui découlent de ces postures.
Pour seul exemple, le rapport de l’ONFV en 2013*** nous fournit matière à réflexion dans un contexte de déplacement historique massif du lieu de la fin de la vie, à partir du domicile vers les EHPAD, se terminant par une hospitalisation urgente provisoire ou permanente dans la moitié des cas.

Certes il serait facile d’imputer aux résidents un manque d’anticipation du fait de la bouderie généralisée des directives anticipées et de la désignation d’une personne de confiance. Il serait encore plus aisé de qualifier d’éthiques un grand nombre d’interrogations qui trouvent leur justification dans les conséquences de décisions politiques telles que la suppression de lits hospitaliers, le report de la loi sur la dépendance, l’absence de perspective d’amélioration des ratios de personnel soignant en établissement ou de diminution du « reste à charge ».

Sources :
* DREES. Enquête EHPA 2011. http://www.drees.sante.gouv.fr/IMG/pdf/ehpa2011_premiers_resultats_juillet2013.pdf
** IRDES. Institut de recherche et documentation en économie de la santé. http://www.irdes.fr/enseignement/chiffres-et-graphiques/donnees-de-cadrage/hopital/nombre-de-lits-journees-et-durees-moyennes-de-sejour.html
*** ONFV. Observatoire national d la fin de vie. https://sites.google.com/site/observatoirenationalfindevie//EHPAD


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Modérateur :
Bernard Pradines, gériatre français en retraite, ayant exercé dans le service de Soins de Longue Durée du Centre Hospitalier d'Albi de 1991 à 2010 répond à vos interrogations.



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Vos réactions

guillet

15/09/2015 09:09

Medecin coordonnateur


je confirme les propos de b pradines suite à l etude faite en 2013 pour mon memoire de capacite sur la fin de vie . plutot que promulguer une nouvelle loi il aurait ete plus judicieux de faire connaitre la loi de 2005 et mettre en oeuvre son application à tous les niveaux de prise en charge



fl

11/09/2015 18:09

BEAU TEXTE


très beau texte de Bernard Pradines à la fois explicatif et engagé



Constance

13/09/2014 08:09

L'Arche de Noé


Travaillant au sein d'un SSIAD, pas besoin de sortir de Polytechnique pour déduire l'importance des animaux de compagnie présents au domicile des personnes âgées.
Les choses, il est vrai se compliquent quand une personne âgée rentre en EHPAD.
La question de l'animal de compagnie en EHPAD renvoie inéluctablement à la question du degré d'autonomie de son propriétaire, en d'autres termes peut- elle s'occuper de son animal?
Quelle(s) articulation(s) une structure peut- elle mettre en place pour suppléer le jour où cela devient nécessaire le degré de dépendance de son maître? Une conviction. Une structure ne peut en aucun cas demander à deux catégories de salariés (Agents/ AS) de prendre en charge seuls, les problèmes éventuels d'hygiène que la présence des animaux engendrerait.



antilope

04/07/2014 11:07

ehpad(suite)


Pour faire suite a mon commentaire :je viens de lire sur mon journal quotidien
ETUDE MINISTERIELLE : 160 000 poste seront créés (aide à domicile ) hausse de 2,6% par an....
Nous ne sommes peut être pas encore prêt pour la disparition des ehpad ,mais on y va !!!! Donnons le choix aux familles ,en leur apportant plus d'aide pour le maintien au domicile ..... Mettre la loi en application ; consentement de la personne même sous tutelle pour l'entrée en établissement( loi de 2009 )!!!!



antilope

01/07/2014 15:07

ehpad


Je me trompe peut être ! Mais si 80% des plus de 80 ans sont en bonne santé ! 20% ont des pathologies plus où moins grave ! Sur ces 20% = 10% sont dans des établissements , 10% à domicile ! Il suffirait de permettre en donnant des moyens pour plus de maintient au domicile, et les ehpad se videront. EHPAD hors murs !!!! Dans le département où je suis , des ehpad ont des places libres .... Pourquoi ne pas reconnaitre comme famille d'accueil un enfant qui prendrait un parent chez lui ?




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