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Edito : Le poids des mots

Le choc des témoignages


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Annie de VivieEn Une de Paris Match cette semaine : le business de la dépendance ouvre sur des témoignages accablants, aux propos chocs qu'apprécient l'hebdomadaire et qui ont fait réagir sur les réseaux sociaux.

La ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a accepté de répondre aux questions du magazine et d'ouvrir (enfin) un cycle de rencontres pour établir une feuille de route fin mars avant une série de consultations et des décisions d'ici la fin de l'année.

Il était temps car les professionnels réunis en intersyndicale ne comprenaient pas l'absence de dialogue. "Nous ne nous tairons plus" affirment-ils à la veille d'une nouvelle journée d'action ce 15 mars puis le 22 mars dans la fonction publique.

Ils ne se tairont plus sur les conditions indignes de prises en soin, sur leurs conditions de travail dégradées, sur la dégradation de la qualité de vie dont les échelles sont présentées par le Pr Novella cette semaine.

Parmi les mots clés de la mobilisation : le taux d'encadrement.
Il était annoncé de 0,8 à 1 pour 1 résident lourdement handicapé, fragilisé, malade dans le plan solidarité grand âge (en 2006), tout personnel confondu : soignant/non soignant/encadrement.

Car c'est l'enjeu-clé : quel accompagnement, avec quel personnel, pour ces résidents malades, souvent désorientés et leurs familles ?

Ils sont atteints de plusieurs pathologies, ils sont fragilisés, handicapés. Ils avancent vers leur fin de vie (voir les pratiques diverses aujourd'hui, qui viennent apporter de l'eau au moulin des promoteurs de l'euthanasie, du suicide assisté).

Ces situations nécessitent des compétences soignantes mais pas seulement. Des cercles de réflexion se lancent sur ces questions.

Quid des approches non médicamenteuses (comme ces poupées cette semaine auprès des personnes désorientées, qui pourraient choquer) ?

Quid des professionnels en nombre suffisant et formés, compétents, accompagnés, managés, face à ces réalités complexes tant sur le plan de la santé, que du prendre soin, de la nutrition, de l'hôtellerie ? Cette qualité d'accompagnement demande un professionalisme de pointe (voir le reportage diffusé ce jour sur France 3 dans un Ehpad de Cussac) ?

Les mots ont leur importance.
On ne peut jeter l'opprobre, le discrédit, sans se mobiliser pour apporter des pistes de réponses.


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