Agevillage
  >   Actualités  >     >   Etat, Départements : les pr...

Etat, Départements : les professionnels ne veulent plus être entre deux feux

Primes, crédits, moyens de protections : l'Ad-Pa estime que les professionnels du médico-social et les personnes âgées elles-mêmes sont victimes de ces jeux financiers


Partager :

Lors d'une conférence de presse vendredi 17 avril, Pascal Champvert, président de l'AD-PA, association des directeurs au service des personnes âgées, a salué l'écoute du gouvernement sur les enjeux éthiques (conséquences du confinement, alertes sur les discriminations liées à l'âge) et sur les enjeux pratiques (renforts, moyens, protections, tests). Le président de l'AD-PA est revenu sur ce qu'il appelle le scandale du médico-social : le secteur est pris entre les exigences de l'état et celles de chaque département pour obtenir les financements. Primes exceptionnelles en cette crise sanitaire, moyens de protections, modes de tarifications... Pascal Champvert demande une loi Grand Age cadre, immédiate, par ordonnances, pour financer ces services d'aide et de soins aux domiciles, ces établissements médicalisés, que la société découvre comme indispensables.

Des primes pour tous les personnels aux domiciles et en établissements


Le ministre de la santé Olivier Véran a annoncé une prime exceptionnelle et une exonération des heures supplémentaire pour les personnels hospitaliers. Pour le médico-social, les négociations sont ouvertes avec les départements.

« C'est intolérable. Les personnels du médico-social sont aussi présents, engagés qu'à l'hôpital », hurle Pascal Champvert. Pourquoi devoir discuter avec les départements ? Pourquoi ne pas trouver le moyen de déploquer ces primes aux personnels des services du médico-social qui le méritent tout autant ?

Cette répartition des rôles entre l'Etat et chaque département aboutit aux constats des retards français, estime le président de l'AD-PA.

Les professionnels assistent, attérés, depuis trop longtemps à ces bisbilles, ces défaussement permanents entre les deux parties (ce n'est pas moi qui finance mal, c'est l'autre) et ces inégalités de traitement selon les territoires. Qu'en est-il ainsi de l'agrément trop attendu de l'avenant aide à domicile (+0,50 % en 2019, s'insurge Pascal Champvert).

Les professionnels sont les victimes des incohérences et des retards des pouvoirs publics.

A l’Etat de trouver le moyen de se faire rembourser par les départements des mêmes primes que pour l'hôpital.

Masques et renforts pour tous


L'AD-PA martèle sa demande de clarification quant aux dotations nécessaires pour la protection de tous les salariés, dans tous les domiciles, notamment vers ces intervenants aux domiciles, véritables invisibles de la République et des politiques publiques.

L'association demande un renfort substantiel en psychologues pour venir soutenir les personnes âgées confinées et tous les professionnels en première ligne, confrontés individuellement et collectivement à leurs peurs.

L'association a ouvert une plateforme de soutien psy et coach pour les professionnels (que la rédaction a répertorié dans les ressources ouvertes gratuitement).

Avec l'intersyndicale, l'AD-PA a à nouveau demandé au gouvernement deux postes supplémentaires dans les SAAD, EHPAD.

« Réserve sanitaire, service civique... Les renforts doivent être effectifs dès le mois de mai », insiste Pascal Champvert. « Nous demandons ce qui avait été acté dans le Plan solidarité grand âge voté en 2008 sous le gouvernement de Villepin (par l'opposition actuelle) soit 8 salariés pour 10 résidents et 10 pour 10 pour les cas les plus critiques avec une revalorisation des carrières du domicile en priorité. »

« Il faut arrêter aussi avec ces coupes Pathos bureaucratico-médicales, qui prennent un temps considérable, et qui ne sont que des outils tripatouillés pour que la température diminue le plus possible et que la profession a accepté trop longtemps », estime Pascal Champvert.

Le Premier ministre et son ministre de la Santé ont écouté longuement les professionnels du médico-social la semaine dernière.

Edouard Philippe a rappelé l'engagement du Président de la République d'une loi Grand âge en 2020, après avoir stoppé les coupes budgétaires suite au rapport Libault, après avoir « découvert » les tensions sur les métiers avec le rapport El Khomri.

L'AD-PA demande des ordonnances, via une troisième loi de finances rectificative, afin d'accélérer le volet financier et ne plus perdre de temps pour des créations immédiates de postes à domicile et en Ehpad, pour des augmentation des salaires.

« Sinon on attendra la future loi Grand âge. On restera soumis aux jeux entre les départements (proches du terrains, "à portée d’engueulades") et l’Etat qui ne veut pas. Ce jeu pervers se fait sur le dos des plus âgés et des professionnels », conclut Pascal Champvert.


mis à jour le



Partager :


Vos réactions

Il n'y a encore aucune réaction à cet article.


Réagir à cet article :

* ne sera pas affiché


HAUT DE PAGE

© Eternis SA -