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Les groupes privés commerciaux face au covid-19

Orpea puis Korian renoncent à la rémunération des dividendes à leurs actionnaires


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"Au vu des retards nationaux et locaux, j'estime que la crise sanitaire du covid-19 a été bien gérée par les adhérents du Synerpa", affirme Florence Arnaiz-Maumé, sa déléguée générale, lors d'un point presse. Quant aux attaques contre le secteur privé commercial : "On peut idéologiquement ne pas accepter que nous exercions dans la santé ou le médico-social mais rappelons que nos tarifs n'impactent pas les finances publiques". Pour Pascal Champvert, président de l'Ad-PA, la question dépasse le statut de l'établissement et du service. Il attend des repères clairs, opposables et financés de la part de l'Etat pour tous les acteurs.


Un Ehpad sur cinq est aujourd'hui privé commercial


S'ils ne sont pas bienvenus sur tout le territoire, avec certains départements qui n'ont pas accordé beaucoup d'autorisations, les investisseurs et gestionnaires privés commerciaux représentent plus de 20 % des 7700 Ehpad de France. Ils sont fédérés et défendus au sein du Synerpa : le syndicat national des établissements et résidences privés commerciaux pour personnes âgées. Ce syndicat a aussi ouvert une branche domicile (et aussi cures thermales).

Il se veut l'interlocuteur privé commercial de la filière du grand âge. "Nos adhérents ont mobilisé des milliards d'euros pour rénover et proposer un cadre hôtellier de qualité" souligne Florence Arnaiz-Maumé. "Le secteur public rappelle qu'il lui manque au moins 15 milliards pour rénover ses établissements."

"Dans le secteur du handicap par exemple, le secteur privé commercial est "persona non grata" mais regardez le nombre de familles qui n'ont pas de solutions et doivent chercher des places à l'étranger" rappelle Florence Arnaiz-Maumé.

Au sein du Synerpa, les groupes, dont certains sont cotés en bourse (Korian, Orpéa, LNA Santé), pèsent de tout leur poids en nombre de lits. Parmi les plus grandes fortunes de France, on compte les propriétaires de ces groupes... au regard des salaires des professionnels de terrain et des tensions sur ces équipes auprès des clients/résidents.

En pleine crise sanitaire, les leaders Korian et Orpéa ont annoncé qu'ils ne verseraient pas de dividendes à leurs actionnaires. Si les cours de la bourse ont dévissé, les chiffres 2019 comme les perspectives de marché (avec la pression démographique) restent très positifs. Ces leaders annoncent des objectifs ambitieux et une croissance de plus 10 % pour attirer les investisseurs.

Une expérience internationale mise sous pression


Implantés en Chine, en Italie, les adhérents du Synerpa disent avoir alerté dès le 4 février 202, le ministère de la Santé de la dangerosité du virus et des mesures de protection qui étaient prises dans ces pays : fins des visites, confinements, port de masques, etc. "Nous n'avons pas été entendu", regrette Florence Arnaiz-Maumé qui poursuit : "Je refuse que les structures privées commerciales qui ont réagi, investi, soient aujourd'hui au coeur d'un nouvel "Ehpad bashing". Ces critiques nous blessent et atteignent des équipes exemplaires, engagées en première ligne". Le Synerpa avait ainsi lancé début 2020 une grande campagne de communication sur ces métiers intitulée "C'est la Vie !".

Néanmoins la presse se fait écho des plaintes déposées partout en France (avec la création d'une association dédiée, Coronavictimes). Les syndicats de salariés se divisent sur la défense de l'engagement des professionnels attaqués pour les uns et l'exigence de leurs protections avant tout, des conditions de travail et des rémunérations, pour les autres.

Dans l'attente de ratios opposables à tous les secteurs


"Publics, associatifs, privés : je vois d'excellentes initiatives et des situations critiques partout", estime Pascal Champvert, président de l'association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA).

Aux pouvoirs publics de doter correctement l'ensemble du secteur et d'évaluer les prestations rendues. Il rappelle ce qu'il appelle "le scandale de ces évaluations externes, financées par l'Etat, sans référentiel national opposable, et dont les rapports gisent aujourd'hui dans les armoires des Agences régionales de santé, sans enseignements".

"Au même titre que le secteur de la petite enfance, pourquoi notre pays ne fixe-t-il pas des quotas de personnels, formés et financés ?" s'insurge Pascal Champvert.

NDLR: voir aussi la piste de ces Labels de bientraitance qui visent à valoriser les équipes, rassurer les clients, les familles et les autorités. Ils labellisent tous les acteurs, de tous statuts (Le Label Humanitude fort de ses 27 labellisés, le label Bientraitant, le 1er Ehpad certifié Validation® en Vendée).


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