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Edito - Pièce à conviction : laquelle ?

Quelle conviction pour le grand âge ?


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Les professionnels du grand âge ont eu du mal à regarder le dernier magazine Pièces à conviction sur France 3, intitulé Covid-19, que se passe-t-il vraiment en Ehpad ?

Quelle conviction vient-il alimenter ?

L'Ehpad bashing ? Pourquoi tirer ainsi sur l'ambulance qui doit suivre ses nouvelles consignes covid ? Pour s'acharner au point de piétiner l'attractivité des métiers pourtant indispensables avec des milliers de postes vacants ?

Le gouffre entre deux extrêmes : héroïsation des soignants d'un côté et défiance envers des soignants maltraitants de l'autre ?

Le gouffre entre la satisfaction des soignants de terrain comme les aides-soignants qui fêtent leur journée mondiale ce 26 novembre et leur invisibilité dans la société ?

La peur de vieillir, de mal vieillir, des pathologies neuro-évolutives, neurodégénératives et leurs troubles du comportement associés, le déni de la mort, l'âgisme individuel et collectif...

La conviction que ces métiers relèvent de la vocation jusqu'au sacrifice, ou relèvent de la culture soignante, sachant ce qui est bon pour l'autre ?

La conviction qu'il semble "impossible" d'atteindre des dotations financières et professionnelles correctes pour prendre soin avec dignité ? (Que n'avons-nous pas entendu au sein du collectif Une société pour tous les âges pour un vrai 5eme risque de protection sociale,  pour compenser les situations de handicap sans plus de discrimination liée à l'âge ? Aujourd'hui le principe est acté, reste à arbitrer les financements associés).

La conviction que la non-qualité est irréversible avec l'augmentation croissante des accidents du travail, des arrêts, l'absentéisme, de la sur-médicamentation, des recours aux urgences, aux hospitalisations ?

Des convictions délétères mais qu'il faut savoir regarder en face, sans angélisme,  pour en prendre conscience et les faire évoluer.

Et si on alimentait d'autres convictions :

La conviction que l'on peut aider à vivre, vieillir debout, jusqu'au bout, malgré tout : question de culture individuelle et collective, question de moyens associés, questions d'ajustement des formations initiales de tous les professionnels en contact.

La conviction que la vie c'est le lien, les projets, la relation au coeur du soin et non pour lui. La conviction qu'il faut éthiquement interroger la médicalisation de nos vies, de nos fins de vie et négocier les équilibres entre protection et sur-protection, sécurité et liberté (le thème de notre colloque annuel 100 % virtuel qui rencontre un joli succès et reste accessible jusqu'au 8 janvier). Voir cette semaine ces dispositifs d'hygiène inefficaces face au covid.

La conviction que l'amateurisme n'est pas possible mais qu'au contraire un haut niveau de professionnalisme est requis pour accompagner ces situations humaines extrêmes (polypathologies, troubles du comportement, handicaps, fin de vie), en pleine crise sanitaire, alors que l'évolution démographique s'accélère partout sur les territoires. Gageons que la mission confiée à Michel Laforcade permette d'améliorer enfin, concrètement, l'attractivité de ces beaux métiers.

La conviction que le pire n'est jamais sûr et que l'avenir n'est pas écrit : avec ces Silver Awards qui récompensent des équipes d'étudiants engagés, avec ces parcours résidentiels dont les résidences autonomie et les résidences services seniors qui partagent leur expérience de la crise sanitaire, avec ces réflexions vers l'Ehpad du futur qui pourrait être une des solutions clés à la révolution de la longévité. Une solution attirante, rassurante, accessible, ouverte, professionnelle, source d'emplois, de qualité de prendre soin labellisée. Une solution qui intègre vraiment la fonction domiciliaire alors qu'aujourd'hui les professionnels du domicile continuent de s’outiller quand leurs primes et salaires font du surplace.

La conviction que les métiers du grand âge sont de beaux métiers, des métiers indispensable, dont on peut être fiers et que l'on va recommander aux élèves et étudiants garçons et filles. 

Car "Mourir avec un sourire doux, c'est merveilleux" témoigne avec émotion Monsieur Schustermann, habitant d'un Ehpad à la toute fin de la conférence Casip-Cojasor le 18 novembre dernier.

Une conviction communicative pour de futurs magazines Pièces à conviction.


mis à jour le



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Vos réactions

pierre caro

26/11/2020 10:11

retraité professionnel


Madame Annie de Vivie plus de vingt années d’expérience de vieillissement, me permettent une approche un peu différente des situations par le seul fait que j’ai fait de mon temps de vieillissement (au-delà de 60 ans OMS) un temps pour une nouvelle « seconde carrière professionnelle » construite comme la première, par un temps d’apprentissage, trois années à l’université pour deux DU en santé et droit. Vous le savez, j’entreprends la deuxième mi-temps 2020-2040, je serai juste centenaire ! Les lectures et les participations qui me sont ouvertes, mettent en relief les professionnels.les  de santé, des services attachés, des centres d’accueils (maisons de retraite, Ehpad…) les services publics et privés, les élus et responsables… mais, sauf erreur ou/et ignorance de ma part, je ne suis qu’un passionné par cette seconde carrière, je ne reconnais pas l’acteur principal : le citoyen.ne qui, dès la cinquantaine, parce que les sociétés évoluent dans un sens pas toujours souhaité, licenciements, chômages, accidents du travail… par exemple, le citoyen pour quelque fonction, hiérarchie, secteur d’activité… qui doit s’inviter à penser et construire son long temps de vieillissement. On s’est moqué lorsque j’ai annoncé en 1997 que je préparais mes quarante années de retraite et vieillissement. Il serait trop tard d’y réfléchir aujourd’hui et lorsque je constate quelle est ma vie auprès de ma famille, de mes amis… j’en suis heureux et fier. Cette tranquillité de bon sens et d’esprit critique me permet d’envisager demain en citoyen responsable parce que j’ai construit mon devenir… avec la conscience des aléas possibles. Respectueusement votre Pierre Caro retraité professionnel… bénévole.



FOFO75

25/11/2020 19:11

Membre du CDCA PARIS Collège personnes âgées représentant des retraites CFDT


Curieux, j ai rédigé un commentaire a cet article qui semble t il a disparu entre hier et aujourd hui, nous nous posons la question du pourquoi. Même si les critiques sur la gestion de cette crise et des conditions de vie étaient adverbes, il n en est moins vrai qu elles sont le fruit d observations et de remontées de nos adhérents . Il ne s agit pas d une mise en cause des personnels mais d une critique a l égard de certaines organisations dans divers EPHADs que ceux ci relèvent du privé , de l Associatif ou des collectivités locales. L insuffisance de personnel (0.75 pour 1 résidents) alors que depuis plusieurs années avec l aggravation de la perte d autonomie, il est réclamé 1 pour 1, impacté fortement les conditions de vie des résidents . De plus les efforts qui ont été fait au niveau de l hottellerie dont nous ne nous plaignons pas ont peut être été fait au détriment du soin, et des conditions de sécurité ( aucun plan de continuité de service en situation de crise, absence de stock de masques, absence de protection pour les résidents,) etc, se sont l ensemble de ces critiques qui ont mis en danger les résidents et le personnel soignant alors que d un autre côté, les sociétés exploitants privées réalisaient des bénéfices z deux chiffres. Voilà la réalité des faits quoique vous puissiez en penser.




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