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Accompagnements & soins

Vieillir debout : un risque à prendre !

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 20/01/2014

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Mais pas de vague

Annie de VIvieLes municipales approchent. La loi de programmation de la société au vieillissement est en cours de concertation.

Qu’est-ce qui caractérise les politiques envers les personnes âges ? Demandez aux directeurs d’établissements et services de proximité.
La réponse : Pas de vague”.

Le président du conseil d’administration, souvent élu local, n’a qu’un mot d’ordre : pas de dérapages, de grèves, de revendications bruyantes.

Quitte à dire oui à tout”, sans avoir forcément les moyens d’assumer au plan matériel, humain et financier. Quitte à mettre le couvercle sur les difficultés, les dysfonctionnements, les écarts entre les valeurs affichées et les valeurs produites, et à taire les sanctions mais qui risqueraient d’être entendues à l’extérieur (syndicats, prud’hommes, presse locale…).

On affiche des projets consensuels : inauguration d’établissements et services créateurs d’emplois (la maison de retraite est souvent le premier employeur de la ville), intergénération (“les bébés sur les genoux des mémés” raillait Geneviève Laroque Présidente de la FNG), ateliers, animations…
Qui font de jolies photos dans la presse locale.

Et qui font aussi (légèrement) évoluer l’image de la vieillesse dans notre société.

Mais qui ose dire que des soins de force sont pratiqués chaque jour sur les personnes âgées malades, fragilisées, vulnérables par un personnel en nombre insuffisant, manquant d’outils pour bien accompagner et d’un encadrement de proximité motivant et vigilant ?
Qui ose parler de ces primes à la grabatisation” ?
Qui ose rappeler les coûts de la non-qualité (Cf. les travaux du Haut Conseil à l’avenir de l’assurance maladie sur la surconsommation médicamenteuse, le recours évitable aux hospitalisations. Deux milliards d’euros sont en jeu) ?
Qui ose parler de ce mille-feuilles administratif, de cette offre de service fragmentée et non labélisée, de ces 8 évaluations réalisées auprès d’une personne âgée par manque de référentiel national validé, de système d’information performant à l’ère de la Silver Economie ?
Qui entend la question des restes à charge martelées par les associations de personnes âges, de familles (plus de 1000 euros par mois toutes aides déduites pour les personnes malades Alzheimer) et cette discrimination liée à l’âge (la PCH avant 60 ans / l’APA après) et aux territoires plus ou moins dotés financièrement ?

Seule la canicule de 2003 avec ses 14 802 morts a déclenché une tempête.

Pas de vague, on vous dit.
Mais pendant ce temps, la vie continue.

Aussi des équipes secouent-elles ce calme plat. Des établissements pilotes ont créé, demandé et obtenu le label Humanitude qui atteste de l’engagement de la direction, du conseil d’administration, qui valorise le travail des équipes, qui valide une qualité effective et quotidienne de prendre soin (5 principes déclinés en 300 critères). Il est valable 3 ans, avec une visite surprise et un questionnaire annuel de suivi. Voir le reportage cette semaine à la résidence publique Le Séquoia à Illzach qui a pensé son unité dédiée aux personnes malades Alzheimer autour d’un escalier magistral.
Un label réclamé par les habitants, rassurant pour les proches, attestant de la bonne utilisation des deniers publics.

Un label exigeant.
Un label qui fait des vagues.
Tant mieux !

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