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Accompagnements & soins

Conservatisme, c'est toujours l'autre

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 27/01/2014

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Annie de VivieAlors que le Président de la République a lancé la réforme de notre mille-feuilles administratif (vers une nouvelle décentralisation), alors que des milliards d’euros d’économies sont attendus, alors que notre société s’apprête à débattre d’une Loi de programmation et d’adaptation de notre société au vieillissement, force est de constater que c’est toujours l’autre qui est porteur de conservatisme.

Conservatisme des départements qui s’accrochent, malgré les tensions financières, à la gestion de l’aide à l’autonomie. L’ADF propose même de nouvelles structures, des Maisons départementales de l’aide à l’autonomie (accueillant personnes âgées et handicapées, MDPH), imagine des CDSA : caisses départementales de solidarité pour l’autonomie. Pourtant les rapports montrent le besoin de guichet de proximité (communal/​intercommunal) et d’une gestion rationalisée des système d’information (Etat/​CNSA, régions : PAERPA). Les associations de personnes handicapées s’insurgent contre un surcroît de travail des MDPH sans moyens supplémentaires.

Conservatisme des élus locaux qui disposent des outils techniques (SCOT : schéma de cohérence territoriale, PLU : Plan local d’urbanisme…) pour préparer, anticiper leurs territoires aux enjeux du vieillissement : habitats alternatifs entre le domicile et l’EHPAD, habitats adaptés… (3ème voie chère au président de la Fnadepa Claudy Jarry). Pas facile de résister à l’idée d’inaugurer son EHPAD, premier employeur de la ville. Les CREAI viennent d’analyser les schémas gérontologiques, les SROSM : des clarifications s’imposent.

Conservatismes des associations, établissements, services à domicile, implantés depuis de nombreuses années. Binaire, ternaire, puis surement binaire demain, la réforme de la tarification des EHPAD obligera de nouvelles adaptations selon Mme Fourcade de la DGCS. Qu’il est difficile de répondre positivement voire d’anticiper la forte incitation des pouvoirs publics à se regrouper, voire fusionner. L’idée est de mieux répondre aux besoins des territoires, aux exigences de santé publique (prévention, innovations dans l’habitat, démarches qualté continue) mais aussi de réduire les tensions budgétaires pour mieux affronter les autorités de tutelle. Si l’idée de coopérer est dans l’ADN des associations, pas facile de lâcher la présidence !

Conservatisme aussi dans les outils utilisés. La loi APA, la loi du 2 janvier 2002, avaient prévu la détermination d’un référentiel d’évaluation multidimensionnel des situations des personnes, pour compléter AGGIR. Des études sur des personnes en GIR 2 avaient montré en Dordogne un écart de besoins et d’aides de 1 à 6 (avec le SMAF). Douze ans plus tard, qu’attend-on pour bien dépenser l’argent public qui fait défaut ? La ministre Michèle Delaunay a annoncé avoir confié au Pr Novella de Smafer Aggir” (passer AGGIR au Crible de ce référentiel).

Conservatisme des professionnels Médecins/​IDE/​AS/​AMP/​Aides à domicile. Chacun campe sur sa logique, ses acquis, ses tarifs (actes/​forfaits), son périmètre d’intervention, ses compétences, ses diplômes nécessaires…. Pas facile de résister à la déconsidération de l’autre (professionnels, personne malade, proche aidant). Pas facile d’aider à anticiper, à mieux accompagner la fin de vie (Voir les 10 propositions de l’ONFV). La télémédecine obligera à revoir les modèles existants. L’expérience du Baluchon Alzheimer® se tourne plutôt vers des profils artistes » pour accompagner les malades Alzheimer chez eux 24h sur 24.

Bref, difficile de réduire son propre conservatisme.
Une bonne résolution pour 2014 ?

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