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Qualité & management

Plus j'aide à domicile, plus j'aggrave mon déficit

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 08/02/2016

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Annie de VivieLe marché des services d’aide à l’autonomie des plus âgés est à la fois porteur d’espoirs pour vivre et vieillir debout, d’emplois au sein de la Silver économie”. Des rapports, des plans (Borloo) viennent régulièrement pointer que tous les français veulent vieillir à leur domicile”, que les besoins augmentent, liés au vieillissement de la population, à l’augmentation des pathologies au grand âge, aux soutiens aux proches aidants…

Un marché porteur.

Et pourtant, les services à domicile témoignent d’un sous-financement chronique des heures d’aides.

Jusqu’à 7 euros d’écart avec les prix de revient à savoir essentiellement les coûts des salaires au regard des conventions collectives (plus si attractives), les coûts de l’encadrement des intervenants (souvent bien seuls sur le terrain), les coûts de la professionnalisation des acteurs : formations, démarches qualité, certifications…
A ce rythme, plus les services d’aides tarifés aident, plus ils creusent leur déficit.

La récente loi d’adaptation de la société au vieillissement va légèrement améliorer l’APA. Mais les finances des départements sont telles que ces plans d’aides resteront adaptés aux moyens disponibles, et moins à la réalité des besoins des personnes. D’autant que nous restons dans l’attente d’un outil d’évaluation multidimensionnel des situations de handicap en vue de plans d’aides adaptés, objectivés.

Les conditions de travail se détériorent. Les services à domicile ont aujourd’hui plus d’arrêts de travail que le secteur du BTP, bâtiments et travaux publics. Les impacts humains et médico-économiques sont non négligeables pour les finances publiques, l’attractivité des métiers. Voir les aides du Fonds pour l’amélioration des conditions de travail (FACT).

Sans parler du mille-feuille administratif et normatif qui s’aggrave.

Sans oublier non plus ces métiers qui peuvent avoir du mal à collaborer (IDE/AS/AMPS/AVS) alors que le besoin d’aides est continu au domicile (voir cette semaine la naissance des accompagnants éducatifs et sociaux, AES, pour la fusion des diplômes AVS et AMP).

La république est interpelée sur ces valeurs du soin, du prendre soin, à domicile, en institution. Je vous invite à participer aux Forums lancés par l’Espace Ethique d’Ile de France piloté par Emmanuel Hirsch.
Nous y participerons pour porter la voix des plus âgés fragilisés et celle des professionnels qui prennent soin d’eux quel que soit leur domicile.

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