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Accompagnements & soins

La toilette l'après-midi ?

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 04/07/2016

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Rythmes individuels dans un lieu collectif

Annie de VivieOn le sait parmi les injonctions contradictoires il y a celle de respecter les rythmes des personnes dans une structure collective aux rythmes et contraintes propres (hygiène, sécurité, budgets, organisations…).

Les toilettes sont ainsi généralement proposées le matin.
Pourquoi ?
Parce que !

Qu’il s’agisse de l’histoire des institutions (hospitalières, en lien avec la visite du médecin), du fait que c’est le travail des équipes du matin et pas de celles de l’après-midi”, des attentes des familles qui veulent que leur parent soit tout propre quand elles viennent les voir… A domicile et en établissements, les raisons sont multiples, diffuses. Parfois on ne sait plus pourquoi !

On voit les équipes courir pour les terminer avant le petit-déjeuner (ce qui augmente encore le jeûne nocturne et casse les sommeils, pourtant réparateurs, des gros dormeurs). Aux résidents de s’adapter, y compris ceux qui vivent avec une maladie neurodégénérative, incapable de décrypter cette obligation” de faire, d’aller vite…

Et si on lâchait prise ?
Si l’on s’adaptait au rythme de chaque personne ?
Celle-ci se lève tôt, l’autre non… Pourquoi ne pas proposer un brin de toilette avant d’aller prendre son petit-déjeuner… en pyjama ?
L’Ehpad de lHostellerie du Chateau de Lorcy vient de mettre en place cette souplesse… avec un service en chambre ou en buffet des petits-déjeuners, au grand bénéfice de la qualité de vie des résidents et la diminution du stress au travail des professionnels. Un bon petit-déjeuner plus tôt et la faim revient bien à midi, souligne la directrice.

Peut-être faut-il des petits-déjeuners à la carte, en chambre, sur un joli plateau, avec un thermos qui garde sa boisson préférée au chaud si l’on veut encore somnoler ou si l’on veut justement faire sa toilette, comme à la Maison de l’Amitié à Albi, 1er établissement labélisé Humanitude , salué par Alexandre Jardin et son mouvement Bleu Blanc Zèbre.

Cette adaptation est un défi pour nos structures” a expliqué Sophie Boissard, PDG de Korian, en conclusion des travaux du baromètre de l’Institut du bien vieillir. Mais l’on voit que les esprits évoluen,t souligne le Dr Didier Armaingaud. Nous voulons tous agir dans le sens de l’intérêt de la personne.

C’est ce que raconte le magnifique documentaire Et guérir de tendresse” qui sera diffusé sur France 5 fin août.

Répondre au rythme des personnes est un défi économique. Continuer de forcer ces prises en soin c’est prendre le risque de réactions négatives des résidents (troubles du comportement) et d’épuisement des soignants (RPS, TMS). Il faut donc revoir les pratiques, sans descendre sous un seuil d’aides humaines indispensable à la qualité du prendre soin.

Mais c’est avant tout un défi culturel sur le sens de ces toilettes, sur la notion du temps, sur la mobilisation des capacités des personnes aidées à décider ce qui est bon pour elles.

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