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Accompagnements & soins

Sortir de la vallée des larmes

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 10/04/2017

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Sentiment d’impuissance individuel et collectif

Annie de VivieAlors que la gérontologie surfe sur la dynamique démographique de la longévité, que les attentes et besoins explosent et entendent booster la Silver Economie, que le marché” s’étend des générations de seniors autonomes aux plus fragilisés, malades, sans oublier les proches aidants… la dynamique se heurte à des finances publiques exsangues et des financements privés limités… aux moyens des retraités et de leurs familles !

J’entends beaucoup de pleurs et de larmes partout sur les territoires.

Indicateurs SQVT dans le rouge, manques d’effectifs (promotions d’écoles d’aides-soignants non pourvues), tensions budgétaires, tarifications en dessous des coûts de revient (domicile), résistances aux changements, immobilisme ou suivisme des élus (GHT : groupements hospitaliers de territoires), injonctions contradictoires impliquant des écarts éthiquement insupportables entre les valeurs affichées et les valeurs produites, au quotidien, auprès des personnes de plus en plus fragilisées, malades (ce 11 avril : Journée mondiale Parkinson), auprès des familles, des proches aidants… Sans oublier cette campagne présidentielle où bien peu de candidats s’impliquent sur les enjeux du vieillissement.

N’en jetez plus.

Comment sortir de cette vallée de larmes, de ce pessimisme teinté de fatalisme ?

Peut-être en se rendant compte que l’on y baigne, voire que l’on s’y complaît. Individuellement, collectivement.

Oser individuellement et collectivement affirmer que la situation n’est pas tolérable, si elle l’est : s’indigner, ne pas accepter, signaler, dénoncer et… proposer, quitte à se révolter et mobiliser les contre-pouvoirs (syndicats, presse, élus, associations d’usagers, résidents, familles, proches, citoyens…). Voir la tribune du révolté Philippe Pitaud à Marseille ou les propos résolument tournés vers le bonheur de Colette Roumanoff qui a accompagné son mari malade Alzheimer.

Oser individuellement et collectivement mettre en oeuvre un plan effectif d’amélioration continue de la qualité, des financements, de l’organisation.

S’appuyer sur des expériences réussies, concrètes, tangibles, individuelles et collectives, définir et suivre des indicateurs en continus. Car la dynamique se poursuit chaque jour, vigilante, après une évaluation réussie, une certification, une labellisation. Les personnes accueillies, accompagnées, changent. Les équipes ont besoin d’une vision, d’un cadre, d’outils, de soutiens quotidiens (l’art de la diversion par exemple avec les personnes aux troubles du comportement ou l’appel à des artistes à domicile ou en institution).

Oser individuellement et collectivement contacter des partenaires, des alliés locaux, nationaux.

Diagnostiquer, négocier, et contractualiser (grâce aux CPOM… y compris pour les services à domicile).

Individuellement et collectivement : s’évaluer, écouter les contre-pouvoirs (apprendre à écouter… comme les médecins… avec le théatre)

Rester informé et informer (voir la gérontothèque d’un Clic, l’appel à financement pour le PAI 2017 des Résidences Autonomie), former et se former.

Ne pas rester seul, se faire aider, voire coacher. Savoir prendre soin de soi pour prendre soin des autres.

Individuellement et collectivement, accepter qu’aucune organisation n’est parfaite, mais qu’elle a le devoir de tendre vers la situation individuelle et collective la plus juste”, notamment face aux personnes les plus vulnérables. Cap sur des organisations respectueuses des uns et des autres, souples et agiles.

Rien d’évident donc, mais rien d’impossible.

Si l’on veut vraiment, vraiment, individuellement et collectivement, gardons l’espoir d’une société pour tous les âges, trouvons du sens à notre travail et sortons de la vallée de larmes.

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