Aller sur la navigation Aller au contenu principal Aller sur la recherche

Qualité & management

La traçabilité pour renforcer la cohérence et la confiance

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 16/10/2017

0 commentaires

Prouver les besoins en soins et en aides quotidiennes

Alors que le secteur de l’aide et des soins aux personnes âgées fragilisées vit des tensions réelles en termes financiers, en termes de qualité de prise en soin, en termes d’attractivité des métiers avec une démographie médicale qui se tend,
Alors que la pression démographique va s’accélérer entre 2030 et 2060,
Comment redorer l’image de ce secteur ? Comment développer la confiance envers les services d’aide et de soins ?

Annie de VivieUne des pistes qui peut paraître chronophage voire absurde quand elle est poussée à l’extrême est de tracer les évaluations, puis les aides et les soins proposés.

Je l’ai encore mesuré la semaine dernière lors d’une formation Humanitude destinée aux médecins coordonnateurs, directeurs, cadres de santé : la multitude de preuves qu’il s’agit d’accumuler pour justifier des points GIR, des besoins en soins requis pour le Pathos, impose de s’organiser bien en amont de l’évaluation et de faire participer les équipes d’aide et de soin.

Impossible de préparer la coupe la veille pour le lendemain : un Pathos blanc est même recommandé.

Les logiciels de soin, les technologies embarquées doivent alléger les saisies, les risques de double saisie. Ils doivent aider à la connexion entre les acteurs tant à domicile (comme Lisa en Ile-de-France) qu’en établissements. On sent que la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, veut accélérer la digitalisation des données, le lien entre les acteurs, la télémédecine. Mais elle devra aussi assurer le lien, la reconnaissance et le financement des services d’aide et de soins à domicile.

La loi de santé de 2016 ouvre le secret médical à la notion de secret médical partagé entre acteurs et professionnels qui gravitent autour de la personne fragilisée, qui reste maître de l’accès à son dossier.

Cette traçabilité des gestes, des actes ou de leurs absences (justifiées) alimentent la confiance et la cohérence entre équipes, dans le prendre soin quotidien. On trace les évaluations, les attentes, les prescriptions, les recommandations, jusqu’au ateliers, activités (comme l’art-thérapie textile cette semaine cf. le programme de notre 10e colloque sur les approches non-médicamenteuses : l’art pour prendre soin).

Tracer, évaluer, ré-évaluer pour ajuster, coordonner, tenter de proposer un prendre soin cohérent. Savoir ce que les uns et les autres ont réalisé autour d’une personne éclaire, rassure. Cette traçabilité tente de battre en brèche une des valeurs du soin, ne pas laisser de travail au poste suivant”.

Cette culture demande de l’accompagnement des managers, des outils, des formations, elles aussi tracées, évaluées pour leur pérennisation (voir cette semaine les réflexions pour les métiers du grand âge de l’ANFH). Cela demande du temps, de l’appropriation, une volonté, une vision et aussi des moyens.

Rien de miraculeux mais une évolution culturelle de l’oral à plus d’écrits.
Quitte à devoir renforcer la lutte contre l’illettrisme qui touche notre secteur et risque de ralentir les envies individuelles et collectives de plus de traçabilité.

Partager cet article