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Accompagnements & soins

Du plaisir et du sens dans la vie de tous les jours

Auteur Rédaction

Temps de lecture 6 min

Date de publication 10/12/2018

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Apprivoiser Pensouillard” et ralentir sa course

Pour trouver ou retrouver sens et plaisir dans la vie de tous les jours, il faut apprivoiser Pensouillard ! Pensouillard, c’est ce hamster qui court, dans notre tête, jour et nuit, à l’intérieur de sa roulette. Il nous fait la vie dure, nous la rend même impossible. Il nous empêche souvent de dormir. Il voit des menaces là où il n’y en n’a pas. Il élabore des scénarios-catastrophe. Il fait des problèmes avec des situations qui n’en sont pas. Il provoque des conflits inutiles. Il nous empêche d’élaborer des plans d’action et de passer à l’action. Il se critique, se blâme, se juge, et fait de même avec les autres.


C’est aussi une métaphore de notre ego. Les recherches récentes ont permis de mettre en évidence qu’à notre époque, la réaction « primitive » et « salutaire » de stress est déclenchée lorsque le cerveau perçoit une menace à notre ego. Il s’ensuit toute une série de réactions biologiques inutiles, pouvant conduire à des désordres physiques et psychiques.

Mais il existe des moyens d’apprivoiser le hamster et de ralentir sa course. Et quand on y arrive, on peut protéger sa santé et savourer la vie ! C’est ce que cette conférence nous apprendra à faire…

Mots-clés : s’arrêter – flamme – intérêt – hamster – vigilance – conscience – direction – cohérence – attention — présence

Nos vies se sont complètement transformées au cours des dernières décennies et les transformations se poursuivent à un rythme de plus en plus accéléré. Des bouleversements sociaux majeurs ont favorisé une multiplication des demandes auxquelles nous devons faire face. Nous sommes confrontés à des transformations sans précédent du travail, de la famille, des loisirs, des relations avec les enfants, etc… De nouveaux concepts ont bousculé nos valeurs, notre culture et nos rapports aux autres. Des changements non-désirés sont constamment imposés. Une accélération phénoménale des rythmes de production a créé une sollicitation jamais vue dans l’histoire de l’humanité. L’excellence, la performance et la réussite à tout prix orientent maintenant la manière dont nos quotidiens sont organisés. Le rapport au temps s’est totalement modifié. La réaction de stress n’en finit plus d’être déclenchée.

Pouvons-nous, quelque part, nous protéger, assurer notre équilibre et retrouver l’autre ? Avons-nous à notre disposition, au cœur de nous-mêmes, les moyens de reprendre du pouvoir sur notre vie ? Est-il possible d’apprivoiser ce stress qui peut nous rendre malades ? Sommes-nous en mesure de redécouvrir, au quotidien, l’essentiel ?

Voilà où intervient la question qui peut permettre de répondre à toutes les autres : comment conjuguer plaisir et sens dans la vie de tous les jours ?

Deux raisons justifient que nous nous arrêtions pour nous poser cette question. La première : prévenir des problèmes de santé. Tant au niveau physique que psychique. Une grande partie du phénomène du « burnout » est explicable par la perte de sens. Il est inquiétant de voir s’accroître la démobilisation dans l’espace de travail, la perte d’intérêt, l’extinction de la « flamme ». Le lien est maintenant clairement établi entre ce qui se passe dans notre tête et la manière dont notre corps réagit. Si l’être humain n’arrive plus à trouver du sens à ce qu’il fait ou à ce qu’il vit, son corps réagira à travers symptômes et signes de toute sorte ; il lancera des appels au secours ! Et toute une communauté en sera affectée. À quoi ressemble un enseignant ou une enseignante chez qui la flamme est éteinte dans les yeux de trente bouts de choux qui le regarde ? À quoi ressemblent un soignant ou une soignante chez qui la « flamme » est éteinte dans les yeux d’une personne soignée ?

La seconde raison qui justifie une réflexion en profondeur sur la question du sens et du plaisir, a trait à la découverte de ce qui permet de profiter au maximum de nos vies. Et cette découverte est parallèle à la mise en place de sens.

Tout au cours de son évolution, l’être humain a voulu donner un sens à ce qui l’entourait. Il a cherché à comprendre la foudre, les étoiles, le cours des saisons, les sècheresses, les inondations, et autres phénomènes devant lesquels il se sentait perdu. Il a créé des rituels, inventé des divinités, mis au point des manières sans cesse renouvelées de trouver des explications à ce qu’il craignait ou à ce qui le dépassait.

La découverte d’un sens lui permettait à la fois d’apaiser ses peurs et de nourrir sa curiosité. D’innombrables formes d’art ont été – et sont encore aujourd’hui – des manières d’explorer le mystérieux et l’incompréhensible. La science, dans plusieurs de ses dimensions, est l’expression de cette quête. Le langage aussi. L’être humain est, dans son identité profonde, un être de sens.
Quand il en est privé, il sombre dans un sentiment de vide, d’ennui et de détresse psychologique qui altèrent enlui « le goût de vivre ».

Des questions qui remontent au jour où l’homme a commencé à réfléchir demeurent toujours d’actualité : « Où allons-nous et à quoi tout cela sert-il ? » La grande soif de sens ne sera jamais tarie. Elle est là, bien présente, contribuant à définir ce que nous devenons tant dans nos joies que dans nos souffrances.

Un regard attentif est essentiel car les peurs que provoquait autrefois le tonnerre sont maintenant provoquées par le regard d’autrui. Il nous faut désormais développer une nouvelle forme de vigilance car le cerveau ne fait plus la différence entre la perception d’une menace à la survie et la perception d’une menace à l’ego ! Il déclenche la réaction de stress dès qu’il perçoit – une fraction de seconde suffit – une menace à une représentation de soi dans notre propre tête ou dans celle de l’autre. Seul un entraînement et une discipline de tous les instants permettent d’observer les dérapages de la neurologie et de la ramener là où l’intelligence est efficace.

Pour trouver ou retrouver le sens, l’attention doit être dans le moment présent. C’est dans cet espace qu’elle fera la distinction entre cet ego qui mobilise les énergies liées à la fuite ou à la lutte – la protection de fausses identités – et ce que nous sommes vraiment, c’est à dire : ce qui en nous ne vieillit jamais !

Et qu’est-ce qui en nous ne vieillit jamais ? D’abord et avant tout la capacité d’être présent ou présente. Capacité fabuleuse qui ne pourra jamais faire l’objet de quelque menace que ce soit et qui nourrit un ensemble d’autres capacités : s’émerveiller, aimer, savourer, apprendre, créer, transmettre, qui donnent son sens à la vie et permettent d’affirmer qu’elle vaut vraiment la peine d’être vécue.



CV
Serge Marquis est médecin spécialiste en santé communautaire et a complété une maîtrise en médecine du travail au London School of Hygiene and Tropical Medicine à Londres.
Depuis plus de trente ans, il s’intéresse à la santé des organisations. Il a développé un intérêt tout particulier pour le stress, l’épuisement professionnel et la détresse psychologique dans l’espace de travail. Il s’est également intéressé à la difficulté de maintenir un équilibre entre la vie au travail et à l’extérieur du travail. Il a étudié la perte de sens, la soif de reconnaissance et le rapport complètement névrosé qu’a l’homme moderne avec le temps. Il a également soigné un grand nombre de personnes devenues dysfonctionnelles au travail.

En 1995, il a mis sur pied sa propre entreprise de consultation dans le domaine de la santé mentale au travail, entreprise appelée : T.O.R.T.U.E.

Il est l’auteur avec Eugène Houde d’un livre intitulé : « Bienvenue parmi les humains », et d’un autre livre intitulé : « Pensouillard le Hamster ; Petit Traité de Décroissance Personnelle » paru aux Éditions Transcontinental. Best-seller au Québec, le livre l’est également en Europe sous le titre « On est foutu, on pense trop ! », publié aux Éditions de La Martinière. En 2017, une version illustrée de Pensouillard est sortie en Europe aux Éditions de La Martinière.

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