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Accompagnements & soins

2019 sera sociale, féminine, elle aussi

Auteur Annie De Vivie

Temps de lecture 3 min

Date de publication 02/01/2019

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Une année qui valorisera le professionnalisme requis qui attirera le masculin aussi ?

Elles sont infirmières, aides-soignantes, aides médico-psychologiques devenues AES (Accompagnant Educatif et Social), aides à domicile, auxiliaires de vie, aides ménagères, assistantes sociales, responsables de secteur, cadres de santé, médecins, directrices d’établissements et services…

Elles sont présentes malgré des situations personnelles parfois compliquées, des horaires décalés, atypiques, des territoires plus ou moins adaptés (logements, transports, modes de garde, services de santé).

Elles sont en première ligne pour prendre soin des plus fragilisées comme l’ont pointé les415 000 participants de la consultation Make​.org. Elles le seront visiblement encore plus demain comme le montre cette semaine lInsee en Normandie ou lOdas auprès des plus âgés immigrés.

Elles cochent de nombreuses cases des situations à risques professionnels (voir un outil de questionnement face aux RPS cette semaine). Et les très mauvais chiffres pointés par la CNAM-TS sur notre secteur de l’aide à la personne montrent que ces professionnelles aiment leur métier mais souffrent aussi dans tous les sens du terme.

Elles courent pour respecter les plans d’aides au quart d’heure près, une toilette après l’autre, des repas à faire avaler, des bips qui sonnent partout… elles vivent dans des organisations qui doivent accueillir (coûte que coûte) pour ne pas risquer la caducité… Alors que ces métiers touchent à la relation, à la condition sensible de l’être humain.

Mal payées, déconsidérées, épuisées… En 2018, elles se sont arrêtées. Elles ont dit Stop.

Elles ont décidé de ne plus se taire sur la qualité de l’accompagnement que la société, que leur entreprise (privée, associative, publique) leur imposait.

Elles ont exigé que la société les écoute, les entende.

Elles ont montré ces impensés individuels et collectifs, autour de l’âgisme, de la fonction présentielle 24H sur 24, 7 jours sur 7, ajustée à chaque personne fragilisée, atteinte de polypathologies, en fin de vie, que l’éthique du Care exige de ne pas abandonner.

Des personnes pour lesquelles un prendre soin ultra-professionnel est requis.

En 2018, le gouvernement est revenu sur une réforme de la tarification qui resserrait les budgets principalement du secteur public. Mais la stratégie nationale de santé et le PLFSS 2019 ne parviennent pas à débloquer des crédits conséquents pour renforcer significativement les taux d’encadrement (la présence, l’attention, la relation, le contact), les compétences requises, les coûts de la transformation du modèle.

Le Président de la République a annoncé pour 2019 une loi d’aide à l’autonomie à hauteur de 9 à 10 milliards d’euros sur plusieurs années.

Entre temps un autre le mouvement social a bousculé l’agenda politique.

Les gilets jaunes” ont été déclenché par une femme et on a vu de nombreuses femmes sur les ronds-points, issues de cette classe ouvrière, de cette classe moyenne, qui n’arrive plus à joindre les deux bouts. Elles se sont reliées, elles qui sont souvent seules pour mener leur vie professionelle et leur vie privée.

Que veulent-elles ?

Comme tout professionnel : avoir les moyens de bien faire leur travail, jusqu’à oser être heureuses au travail (comme le montrent cette semaine les co-auteurs de l’Humanitude Rosette Marescotti et Yves Gineste). Elles veulent être fières de leur métier, de leur accompagnement, de leurs aides, de leur prendre soin, quel que soit le lieu de vie des personnes aidées (domiciles, établissements d’accueils, résidences autonomie…)

Elles veulent restaurer la beauté et la dignité de leur vie.

Elles veulent que notre société reconnaisse leurs professionnalismes précis, techniques, pluridisciplinaires, qui répondent à cette révolution de la longévité. Cette transition démographique se cumule avec la transition écologique et numérique.

Leurs représentants ont à nouveau trouvé portes closes à l’Elysée.

Aussi en 2019 vont-elles à nouveau faire entendre leur voix. 1000 assemblées générales s’organisent sur le territoire en janvier.

Nous vous présentons nos voeux pour une belle année 2019, mesdames. Une belle année à vous aussi messieurs.

La rédaction d’agevillagepro est à vos côté, sur le terrain. Elle publiera ses newsletters chaque mercredi > prochaine news professionnelle le 16 janvier.

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