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Accompagnements & soins

L'Humanitude® : un système commutatif positif contre le stress

Auteur Rédaction

Temps de lecture 6 min

Date de publication 08/01/2019

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Enclencher un cercle vertueux

Le stress au travail nuit à la qualité de vie aussi bien des professionnels que des personnes fragilisées accompagnées. Pour comprendre le stress, il faut appréhender les mécanismes qui le déclenchent, connaitre ses conséquences à long terme et prendre conscience de l’impact biologique des outils de l’Humanitude.
L’Humanitude est un système commutatif positif qui permet de générer du bien-être aussi bien chez la personne accompagnée que chez la personne accompagnante.

Mots-clés : stress – Humanitude — système commutatif positif — hormones du stress – cortisol – ocytocine — qualité de vie — CINE

La qualité de vie au travail est souvent associée la notion de stress. Il est donc pertinent de s’intéresser à cette notion dans la recherche de l’amélioration de cette qualité de vie aussi bien pour les professionnels que pour les personnes fragilisées. 

Pour comprendre le stress, il faut appréhender les mécanismes qui le déclenchent, connaitre ses conséquences à long terme et prendre conscience de l’impact biologique des outils de l’Humanitude.

Depuis longtemps, nous savons qu’une situation stressante est générée par un ensemble d’éléments toujours identiques et constants. Ces éléments composent ce que nous pourrions appeler la recette du stress, elle est universelle. 

Sonia Lupien, docteur en neurosciences, directrice scientifique du Centre d’Études sur le Stress Humain, la nomme le C.I.N.E.

Contrôle faible : vous sentez que vous n’avez aucun ou très peu de contrôle sur la situation.
Imprévisibilité : quelque chose de complétement inattendu se produit ou encore, vous ne pouvez pas savoir à l’avance ce qui va se produire.
Nouveauté : quelque chose de nouveau que vous n’avez jamais expérimenté.
Ego menacé : vos compétences et votre égo sont mis à l’épreuve. On doute de vos capacités.

Lorsque un ou plusieurs de ces éléments sont présents, il s’ensuit une cascade de réactions biologiques : la sécrétion d’hormones du stress (noradrénaline, adrénaline, cortisol). 
Cela passe par deux systèmes : le système neurovégétatif et le système neuroendocrinien.

Le système neurovégétatif répond immédiatement et libère de la noradrénaline et de l’adrénaline en quelques secondes seulement.

Le système neuroendocrinien réagit plus tardivement et entraîne la sécrétion de cortisol. Le cortisol convertit les corps gras en sucre, le carburant de notre corps, et se lie à un certain nombre de récepteurs. 

Modifications physiologiques



Le tout entraine de nombreuses modifications physiologiques.

- Le système cardiovasculaire est stimulé :
Le rythme cardiaque augmente permettant une augmentation de la vascularisation du système musculaire.
La vasoconstriction artérielle provoque une augmentation de la pression artérielle.
- Le système respiratoire s’accélère :
L’augmentation de l’amplitude respiratoire permet une meilleure ventilation et donc l’oxygénation des tissus.
- Les sens s’aiguisent pour nous garder alerte :
Les pupilles se dilatent pour augmenter la vision et la vigilance.
Les poils se dressent et nous rendent plus sensible au toucher.
- La digestion est interrompue :
Les vaisseaux sanguins de l’estomac, de l’intestin et des reins se contractent perturbant la digestion. La bouche s’assèche.
- Les glandes sudoripares s’activent pour nous rafraîchir en suant.
- Le système reproducteur s’arrête :
L’ovulation est interrompue et la production d’estrogènes diminue.
Les testicules réduisent leur production de testostérone.

Mais à quoi servent toutes ces modifications physiologiques ? Elles sont le résultat de notre corps qui répond au stress et qui mobilise de l’énergie pour pouvoir réagir, c’est la façon qu’il a trouvé pour se préparer à se défendre lors des situations stressantes. Fuir ou combattre sont les deux réponses de notre organisme face à un stress. Cette réaction normale est la garantie de notre survie !

Le stress va donc mobiliser tout un système énergétique qui est dépensé pour fuir ou combattre. Mais parfois la situation ne nous permet pas de dépenser immédiatement cette énergie. L’énergie risque d’être relâchée de façon inappropriée ou à un moment inopportun (le plus souvent sous forme de colère), ou alors elle est contenue et accumulée. 

Si les situations stressantes s’enchainent sans possibilité de relâcher cette énergie, notre organisme va résister, modifier progressivement ses régulations biologiques et s’épuiser.
Les personnes en permanence stressées ont trop d’adrénaline et de cortisol dans le sang, elles sont en permanence en mode « fuir ou combattre ». 

S’occuper des personnes qualifiées d’agressives, donnant des coups, proférant des insultes, déambulant toute la journée, sonnant 40 fois dans la matinée sont des situations stressantes quotidiennes (les éléments du C.I.N.E. sont présents dans toutes ces situations). Le stress s’accumule jour après jour. Il est facile d’imaginer qu’elle peut être la réaction involontaire quand il faudra relâchez le trop plein d’énergie mobilisée par le stress, ou l’effet sur notre organisme de l’accumulation de cette énergie jamais dépensée : maltraitance, déshumanisation, arrêt de travail… burn out.

L’ocytocine à la rescousse




Si on ne peut directement éviter les éléments du C.I.N.E. provoquant une situation stressante, on peut agir sur le stress en venant réguler les réactions des systèmes neurovégétatif et neuroendocrinien. Et ce par l’intermédiaire des hormones du bien-être : l’ocytocine, la dopamine, la sérotonine et les endorphines. 

L’ocytocine a un impact direct sur le stress : elle le diminue en agissant sur l’axe hypothalamo-hypophysaire et sur le système neurovégétatif. Elle déclenche la sécrétion successive de la dopamine, des endorphines et de la sérotonine. Elle diminue la sécrétion de cortisol et augmente l’activité parasympathique : le rythme cardiaque ralentit, le rythme de la respiration diminue, l’organisme se met en situation de détente. Toutes ces actions apportent une sensation de bien-être, de confiance. 

Toutes les stimulations sensorielles douces, les relations empreintes de tendresse et d’émotions positives comme les regards, paroles, touchers d’Humanitude viennent déclencher la sécrétion d’ocytocine : le cercle vertueux est enclenché. 

On se retrouve dans un système commutatif positif : en utilisant la capture sensorielle et les piliers de l’Humanitude (regard – parole – toucher) la sécrétion d’ocytocine est déclenchée chez les personnes dont nous nous occupons, et qui elles-mêmes vont nous renvoyer des regards, paroles, touchers positifs qui vont nous nourrir et stimuler aussi la sécrétion d’ocytocine (endorphines, sérotonine, dopamine, …) et par conséquent venir réguler la sécrétion des hormones du stress et les manifestations physiologiques en agissant sur nos systèmes neurovégétatif et neuroendocrinien.

C’est parce que nous travaillerons dans le respect de la Philosophie de l’Humanitude en tant que professionnels de la tendresse, dans un système commutatif positif, que nous pourrons lutter le plus efficacement contre le stress et améliorer notre qualité de vie au travail, c’est-à-dire le plaisir, la joie, le bonheur au travail et par conséquent le plaisir, la joie, le bonheur des personnes dont nous prenons soin.

Florence Lasnon Dussaussay est docteur en pharmacie, diplômée en management et marketing (DESS). Elle se tourne vers les soins et la gériatrie après un DU de Gérontologie et Pharmacie clinique. Engagée depuis 2002 dans la gérontologie, elle a géré l’éditorial santé, les partenariats, l’organisation du Village Grand Age d’Autonomic pour Agevillage, et a co-conçu notamment les Ateliers du Bien Vieillir de la Mutualité Sociale Agricole. Elle a organisé les 9 éditions du Colloque des Approches non-médicamenteuses des Instituts Gineste-Marescotti. Depuis 2007, elle est directrice opérationnelle de l’institut Gineste-Marescotti France. Elle est formatrice et instructeur Humanitude au sein de l’Ecole Humanitude.
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