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Accompagnements & soins

La tendresse au service de la qualité de vie des uns et des autres

Auteur Rédaction

Temps de lecture 5 min

Date de publication 15/01/2019

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Interdépendance affective et sociale

Comment la tendresse enseignée dans la Méthodologie de soin Gineste Marescotti dite Humanitude® contribue à la qualité de vie des uns et la qualité de vie au travail des autres. De l’importance de la tendresse.

Mots-clés :

qualité de vie — interdépendance affective et sociale – Tendresse — Méthodologie de soin Gineste-Marescotti — défi culturel — professionnel de la tendresse.

Parler aujourd’hui de la qualité de vie des personnes fragiles et de la qualité de vie des professionnels c’est accepter l’idée que nous puissions ressentir du bien-être les uns avec les autres, ensemble.

Les neurosciences affectives et sociales nous démontrent que les êtres humains sont faits pour la rencontre humaine. Pour s’épanouir dans leur vie, trouver une place dans l’existence, les êtres humains ont besoin de relations émotionnellement positives.

Ils sont reliés les uns aux autres, dans un lien d’interdépendance affective et sociale.

La Méthodologie de soin Gineste-Marescotti, dite Humanitude®, contribue à la qualité de vie parce qu’elle propose un prendre soin où la tendresse est reconnue comme un lien affectif indispensable procurant du bien-être pour les personnes fragiles et pour les professionnels.

Dès que le mot tendresse est évoqué, nous ressentons une gêne.

Pourtant, en intégrant la tendresse comme une qualité professionnelle, nous sommes en cohérence d’une part avec les apports des neurosciences et d’autre part avec un prendre-soin facteur de bien-être !

Alors, qu’est-ce que la tendresse ?

La tendresse est une forme d’affection, de sensibilité et de considération bienveillante à l’égard d’un autre sans qu’il existe d’élément de contrainte que la passion ou le désir pourrait susciter.

Qu’est-ce qui nous gène ? Qu’est-ce qui nous freine à l’utiliser dans nos relations professionnelles ?

La Méthodologie de soin Gineste-Marescotti avec ses outils basés sur la tendresse interroge notre culture soignante et nous lance un défi, celui de s’affranchir de la culture soignante axée sur le soin standardisé pour arriver à une culture « d’un prendre-soin » singulier, personnalisé, axé sur la relation et le bien-être réciproque.

La tendresse, la douceur sont encore trop souvent confondues dans ce qu’on appelle les qualités du cœur.

Mais la tendresse n’est pas seulement une histoire de cœur, son expression dépend d’abord de la technique de soin, elle peut s’apprendre et doit se travailler et ne vient qu’avec l’expérience.

Comment exprimer la tendresse si le soin est douloureux, brutal, maladroit ? Que ressentira la personne aidée ?

Pour cela, il va falloir accepter de se « dé-former », et, avec humilité, apprendre à nouveau pour améliorer son professionnalisme.

La tendresse, pour se transmettre, doit se voir, s’entendre et se ressentir en parfaite cohérence émotionnelle.

Elle se transmet à l’autre par le regard, la parole et le toucher. Nous les appelons les 3 piliers relationnels de l’Humanitude®.
Il n’est pas évident ni naturel d’instaurer une relation positive auprès d’une personne fragile présentée comme difficile c’est-à-dire qualifiée d’agressive et/​ou difficile à mobiliser quand elle est décrite comme lourde, flasque, raide ou rétractée.

Comment développer un regard qui sera à la fois « horizontal, axial, long et proche » (caractéristiques des regards Humanitude) ? Comment proposer un visage détendu et souriant ? Comment associer au regard une parole avec un ton calme doux mélodieux pour que cette personne se sente en confiance ? 
Lors d’une manutention, comment toucher cette personne avec un toucher tendre, ajusté par la douceur, sans vitesse, sans déployer plus de force que la force d’un enfant de 10 ans ? 

Ce sont des techniques qu’il va falloir apprendre…

De façon naturelle les soignants adoptent une posture de méfiance et/​ou de défense pour esquiver les coups et une posture de force et de vitesse lors des manutentions. En retour, nous allons déclencher la posture de méfiance et/​ou de défense de la personne envers le professionnel puisqu’il y a interdépendance affective et sociale.

C’est bien cela qu’il faut comprendre ! Cette interdépendance émotionnelle, affective et sociale : « si je fais du mal je me fais du mal, si je fais du bien je me fais du bien. »

Lorsque les professionnels sont confrontés au quotidien à des situations difficiles sans être outillés, nous savons tous qu’il est impossible de transmettre du bien-être et d’en recevoir.

Dès que les professionnels apprennent les techniques comme la capture sensorielle® qui transmet de la tendresse dans le prendre-soin, ils savent pacifier la relation. Le lien affectif rompu est rétabli et la rencontre peut avoir lieu dans une confiance réciproque. 

Les professionnels interrogés expriment tous un bien-être ressenti pendant les actes de soin. La relation finie par des remerciements, des sourires ou des bises, une détente musculaire, une respiration apaisée, avec la promesse de revenir plus tard. Les rendez-vous sont pris avant de partir.

9 fois sur 10, dès la première rencontre, la qualité de vie des uns et des autres est présente.

Si la première rencontre ne suffit pas à pacifier la relation, les professionnels savent qu’ils peuvent reporter le soin, sans abandon, c’est-à-dire revenir plus tard en posant un rendez- vous. Ils sauront programmer des actes gratuits. Ils poursuivront leur réflexion pour trouver avec cette personne un prendre-soin singulier, personnalisé.

Les professionnels peuvent enfin comprendre que si la qualité de vie de la personne se mesure en émotions positives ressenties et observées, la leur se mesure de la même façon.

Ce sont là les fondamentaux du professionnalisme du métier de soignant.

Cette démarche portée par un projet d’établissement intégrant la qualité de vie des uns et des autres, déployée, accompagnée, évaluée et réajustée si besoin à tous les niveaux nous permettra enfin d’être en harmonie avec notre cœur et notre raison qui désirent donner du bien-être et nos mains professionnelles qui ont enfin appris à le transmettre.

Si aujourd’hui nous sommes des professionnels de la santé, demain, OSONS devenir des professionnels de la tendresse !




Claudie Barennes est infirmière, cadre de santé en cancérologie et en hospitalisation à domicile, diplômée d’un DU sur l’accompagnement des personnes en fin de vie, elle est depuis 2008 formatrice à la « Méthodologie de soin GINESTE-MARESCOTTI dite Humanitude ». En 2017, elle rejoint l’Ecole Humanitude où elle est instructrice.


Estelle Killy est infirmière de secteur psychiatrique en service de géronto-psychiatrie et en service d’admission, puis cadre de santé enseignant en IFAS et IFSI, elle est depuis 2011 formatrice à la « Méthodologie de soin GINESTE-MARESCOTTI dite Humanitude ». En 2017, elle rejoint l’Ecole Humanitude où elle est instructeur.
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