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Accompagnements & soins

Importance de l'environnement sur la qualité de vie

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 19/02/2019

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Un cadre de vie qui fait sens, loin des aberrations environnementales

En partant de la perception et le sens donné par les résidents d’établissements médico-sociaux au cadre de vie dans lequel ils évoluent, l’intervention analysera les réponses architecturales actuellement proposées, parfois aberrantes, et proposera des outils et des exemples pour mettre en œuvre un environnement qui fait sens, tant pour les résidents que pour les professionnels.

Mots-clés : Architecture — cadre de vie — adaptation de l’environnement — perception de l’espace — habiter

La conception des institutions à destination de publics fragilisés repose sur un certain nombre d’éléments structurants qui semblent devenus indispensables à tout projet architectural. Les lieux doivent être adaptés aux divers troubles et leur aménagement doit être pensé dans une visée thérapeutique. Ainsi sont apparus sur les plans des architectes au cours des vingt dernières années les espaces de déambulation, les espaces Snoezelen, les jardins thérapeutiques… dans l’optique de compléter la palette des interventions non-médicamenteuses.

En parallèle, la prise en charge des situations de dépendance et d’une manière plus large l’accompagnement des personnes sont devenus au fil du temps de plus en plus lourds pour les professionnels, ce qui place le secteur médico-social en tête des secteurs sinistrés en matière d’accidents et d’arrêts de travail (troubles musculosquelettiques, risques psychosociaux). Fort de ce constat, de nombreux guides de bonnes pratiques, contrat de prévention, recommandations ont fleuri ces dernières années dans les établissements, avec à la clé de nouvelles aides techniques et de nouvelles pratiques professionnelles.

Alors peu à peu, les structures ont vu s’accumuler en leurs murs les appareils gériatriques et autres chariots de soin, des professionnels en blouse, des espaces spécifiques, thérapeutiques, autant de marqueurs déconcertants pour l’appropriation de ce nouvel espace de vie pour des résidents qui souffrent souvent de désorientation. Et malgré cela, la situation ne s’améliore pas, bien au contraire, après l’épuisement de leurs corps, les professionnels s’épuisent désormais psychiquement face à la difficulté de trouver du sens dans leur travail quotidien.

Il s’agit alors de se positionner du point de vue des personnes concernées, celles sans qui ces institutions ne sauraient exister, afin de comprendre la manière dont elles peuvent continuer à assouvir un besoin fondamental d’habiter un espace qui leur est familier, qui leur permette de se maintenir et de se construire dans leur identité. De là, nous observons à quel point les établissements tels qu’ils sont conçus peuvent renforcer le sentiment d’étrangeté et d’aliénation vécu par les résidents. De là, nous regardons l’errance et la désorientation non comme un symptôme de la maladie mais comme une conséquence environnementale directe.

Fort de cette analyse et de ce constat, plusieurs établissements ont su, à travers une véritable démarche de projet, soutenue par des valeurs affirmées, changer de paradigme d’accompagnement et mettre en place un cadre de vie porteur de sens, tant pour les résidents que pour les professionnels, loin des aberrations environnementales. Il s’agit alors de voir la manière dont ces démarches – et non ces concepts ou ces solutions – peuvent être déployées sur d’autres territoires afin d’améliorer la qualité de vie de ceux qui habitent ou travaillent dans ces établissements.

Fany Cérèse est docteure en architecture, fondatrice de la jeune entreprise innovante : AA Conseil — Aménagement & Autonomie. Son activité est centrée sur les interrelations entre l’environnement architectural, la santé et la qualité de vie des au sein des établissements médico-sociaux. Elle est membre de la SFGG depuis 2017 et experte pour la Fondation Médéric Alzheimer depuis 2015.

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