Aller sur la navigation Aller au contenu principal Aller sur la recherche

Accompagnements & soins

Impacts sur les chutes, sur la qualité de vie, d'un escalier monumental en Unité Alzheimer

Auteur Rédaction

Temps de lecture 4 min

Date de publication 26/02/2019

0 commentaires

Quand l’architecture d’une unité protégée pour personnes atteintes de troubles cognitifs se met au service de la verticalité. Avec un escalier monumental juste au centre.

Mots-clés : unité protégé — troubles cognitifs – escalier – verticalité — label Humanitude

L’EHPAD Le Séquoia a ouvert ses portes en 1994 sans prendre en compte à sa conception la prise en soins des personnes âgées ayant des syndrômes cognitivo-mnésiques.

Or une structure non adaptée augmente souvent les troubles du comportement. Les résidents non déments peuvent rejeter les nouveaux entrants. Les moyens n’étant pas en adéquation avec les besoins présents, les personnels soignants s’épuisent. Le sentiment de frustration s’impose sur la prise en soin.
La création d’une unité de vie protégée a mobilisé la population ciblée, les familles, les professionnels formés. L’EHPAD Le Séquoia est labellisé Humanitude depuis 2013. L’engagement et la réflexion du prendre soin a permis de faire plancher des architectes autour d’un des principes du label : vivre et mourir debout.

Pour traduire architecturalement le projet gérontologique du Séquoia, dégager des solutions d’aménagement, améliorer le fonctionnement de l’établissement, adapter le bâtiment, préparer ou accompagner une mise aux normes, il a été nécessaire de mesurer l’impact des aménagements, de rendre visible les interactions entre la vie sociale, la gestion, la sécurité et les coûts. Les différents espaces n’ont pas seulement considérés sous l’angle de leurs fonctions, mais aussi comme le lieu des relations entre des personnes, habitants ou professionnels.

Ainsi, un magnifique escalier vous accueille-t-il à l’Unité de Vie Protégée.

Par cet escalier, nous osons affirmer que l’homme vieux malade Alzheimer est un homme debout, jusqu’au bout.

L’escalier offre un espace important de déambulation, sans contraintes de couloirs, laissant découvrir la vie à l’intérieur et à l’extérieur de l’établissement.

Les espaces dédiés au jour et à la nuit offrent aux familles et aux résidents une certaine intimité en dehors du lieu de vie commun. L’espace dédié à la nuit est une zone de tranquillité pour la sieste, pour le coucher. Il rappelle l’esprit des maisons alsaciennes avec le lieu de vie au rez de chaussée et l’espace « nuit » aux étages.

Les deux ailes du bâtiment bénéficient d’une séparation végétale, tant visuelle que sonore avec un espace arboré et l’étang situé sur la partie arrière du bâtiment.
Dans l’escalier l’attention peut se diviser sur les deux paliers. Les résidents ne se sentent jamais seuls mais toujours attirés vers une personne, un objet ou un lieu d’appartenance.
L’architecture met en perspective notre projet social dans un projet d’habitation. Elle n’est pas qu’une affaire d’image, de technique, de sécurité et de besoins. Elle est avant tout une construction mentale faite d’intentions, d’aspirations, de propositions, de contraintes, de réalités accessibles ou de désirs possibles dans l’espace social, légal, économique et réglementaire.
Au rez-de chaussée de l’unité, les résidents sont attirés par les activités de la maison : cuisine, jardins intérieur et extérieur. A l’étage, les chambres se dessinent, dans une ambiance chaleureuse, douce et respectueuse de l’environnement.

Ce choix architectural a été salué par l’ABéCédaire du conseil départemental et son comité composé de professionnels de l’architecture, d’élus, de directeurs d’EHPAD (Etablissements pour personnes âgées dépendantes) et de retraités de l’ancien CODERPA (Comité départemental des retraités et personnes âgées) devenu CDCA (conseil départemental de la citoyenneté et de l’autonomie).
Face au risque d’isolement des personnes, aux conséquences difficiles de la maladie, ce projet architectural, ce label Humanitude, nous donnent le sentiment de nous élever”, a conclu ému monsieur Charles Buttner, ancien président du conseil départemental du Haut Rhin, lors de l’inauguration.
Quatre ans après l’ouverture, cette architecture et l’accompagnement proposé montre des impacts en terme de maintien de l’autonomie des résidents, diminution des risques de chutes, des risques d’incontinence, des risques d’escarres, des troubles du comportement, avec le maintien de la marche et de la station debout ?

Le projet architectural de cette unité permet donc la mise en valeur plus particulièrement de deux piliers de l’humanitude :
  • Le regard avec des points de canalisation de l’attention qui rassurent et interpèlent les résidents.
  • La verticalité avec ces espaces importants de déambulation, sans contraintes, vers des activités visibles et attirantes.
La conception de l’unité protégée développe aussi le « mitoyennage », avec d’autres haitants attirés par cet endroit qu’ils considèrent comme « sécurisant, douillet et représentant un lieu de sérénité et de visites » pour eux.

16.6% des résidents de l’unité de vie protégée sont aussi admis sous dérogation avec un statut de personnes âgées handicapées. Elles sont parfois âgées de moins de 70 ans.
La vie s’adapte malgré les troubles, malgré les différences, malgré les handicaps.

Sophie BROBECKER, cadre de santé de l’EHPAD Le Séquoïa à Illzach, IDEC en 2015, IDE en 2012
Diplôme Universitaire Qualité, gestion des risques, évaluation et management de projet dans les structures sanitaires, médico-sociales et sociales. 
Master 2 Management stratégique des risques et de la qualité à Lyon depuis 2018
En 2015, rejoint le bureau de l’association Asshumevie et est aujourd’hui secretaire de l’association. Par l’expérience professionnelle dans la qualité, elle devient un des évaluateurs du Label Humanitude.

Céline Fourreau est présidente d’Asshumevie. Directrice d’Ehpad depuis 10 ans, elle a mené la Résidence le Sequoia (Illzach) vers le label Humanitude obtenu en 2013.
Partager cet article