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Qualité & management

Tous ligotés

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 05/06/2019

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Et si on retissait de nouveaux liens

Tous ligotés … par cette démographie qui nous rattrape avec son pourcentage de personnes valides, autonomes, fragilisées, malades, en toute fin de vie. Nous ne pouvons plus attendre dix ans de plus a estimé Albert Lautman, directeur général de la Fédération Nationale de la Mutualité française, lors des Rencontres franciliennes Place de la Santé ce 4 juin à Paris. En 2030, il sera trop tard pour mettre en œuvre et financer des services adaptés.

Le président de la République a promis une loi en 2019 : elle devra prendre à bras le corps la qualité attendue pour des accompagnements dignes, la valorisation des métier du prendre soin. Elle devra aussi affronter les restes à charges qui terrifient les personnes aux petites retraites.

Tous ligotés, tétanisés par les enjeux financiers comme ces restes à charge dans les familles, ces milliards d’euros pourtant bien pointé dans le rapport Libault, ces pressions sur les finances publiques. Le président du Conseil départemental de Saône-et-Loire, André Accary, pointe l’obligation de maintenir la croissance des dépenses supplémentaire à 1,2 % par an quand les besoins des populations explosent. Alors que mon département pourrait soutenir les services d’aides à domicile, rénover des établissements, la loi me l’interdit”, s’indigne-t-il, et de réclamer une simplification de la gouvernance (entre l’ARS et le département) avec l’assurance d’une stratégie à long terme en lien avec les diagnostics démographiques de territoire.

Tous ligotés, tous enfermés… pour répondre aux injonctions sécuritaires des proches, des pouvoirs publics.
Mais attacher est contraire aux droits de l’Homme, à moins que les vieux ne soient des sous-citoyens dans nos regards âgistes, pointe Pascal Champvert de l’AD-Pa. Il faut répéter que la contention est délétère pour la santé et demande beaucoup d’énergie en plan de compensation de ces personnes attachées.

Tous ligotés, sidérés par ces maladies neurodégénératives, neuro-évolutives, cette foutue maladie d’Alzheimer surmédicalisée mais sous-socialisée, sous-pensée estime Amédée-Pierre Lachal.

Comment dénouer ces pièges ?

Comment retisser des liens avec les plus âgés aujourd’hui (nous demain) ?

Comment valoriser
ces magnifiques métiers de la relation, de l’aide et du soin… du lien ?

En admettant que les moyens manquent comme l’a montré le rapport Libault suite aux mouvements sociaux dans les Ehpad en 2018, qui font écho à la grève du personnel des urgences aujourd’hui. En analysant les pratiques sur scène, en évaluant les dispositifs comme les ESA (Equipes spécialisées Alzheimer), en luttant contre la contention, en chassant les mauvaises odeurs en Ehpad, en organisant l’hygiène bucco-dentaire, en jouant à l’escape game en Ehpad…

Mais surtout en admettant que l’on peut vivre et mourir debout même avec une maladie invalidante comme l’affirment les auteurs de l’Humanitude et les structures labellisées. Elles partagent une vision positive du prendre soin. Elles défendent des moyens et des équipes formées, soutenues.

Allez les visiter et venez les recontrer lors de notre 12e colloque Agevillage/​Humanitude sur les approches non-médicamenteuses, les 14 et 15 novembre prochains.

On parlera citoyenneté, solidarités et libertés.

Parce que la clé reste dans la mobilisation des citoyens, des retraités, des aidants, des professionnels en première ligne, des élus au plus près des populations concernées.

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