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Qualité & management

Métiers du grand âge, où sont les hommes ?

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 15/01/2020

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Métiers du soin si féminins…

La campagne de communication C’est la vie !” qui va se déployer à la télévision, met la lumière sur ces magnifiques métiers du grand âge.

Elle donne la parole à des aides-soignantes, ergothérapeute, psychologue. Elle interpelle les Français sur leur grand âge, aujourd’hui et demain, sans angélisme et sans pathos.

Mais elle n’échappe pas à la règle : il n’y a pas d’homme parmi les témoignages des professionnels des cinq films diffusés.

Ces métiers de l’aide et du soin restent féminins et la mixité de ces métiers reste un impensé des politiques publiques.

Notre société continue de penser que ces métiers du prendre soin quotidien, concrets, au plus près des corps, relève essentiellement des femmes.

L’injonction sociale est forte dans l’orientation scolaire des filles plutôt que des garçons vers ces métiers.

Or accompagner le grand âge debout jusqu’au bout requiert un professionnalisme, des compétences mixtes, précises, fines, avec des connaissances des pistes de réponses autant humaines que technologiques.

Ces métiers requièrent une vision mixte, positive de l’avancée en âge debout jusqu’au bout.

Ils requièrent des compétences mixtes d’empathie, de sensibilité. Elles sont de plus en plus valorisés dans notre société sensibilisée par les enjeux climatiques. Notre société interroge aussi son attraction vers les technologies et la robotique réputées masculines (voir l’intervention de Dominique Pon à notre dernier colloque sur humanisme et numérique).

Ces métiers porteurs de sens peuvent ainsi susciter des vocations masculines, souvent moins maternantes, plus directes dans les relations. D’autant que les proches aidants tendent aussi à se masculiniser, ce qui leur permet par la VAE (Valorisation des acquis de l’expérience) d’accéder à ces métiers de l’aide et du soin.

Mais ces métiers réputés difficiles, avec des horaires impossibles et des bas salaires, attirent peu les hommes. Ces métiers ne riment pas avec réussite sociale.

Il y a fort à parier que la mixité de ces métiers permettra de les revaloriser, y compris sur le plan salarial. La mixité apporte des regards, des relations différentes, y compris avec les personnes âgées, très féminines. Ces métiers demandent un cadre de travail valorisé : au-delà des CDD multi-remplacement en test, au-delà de la notion d’animation vers la vie sociale, vers la notion d’inclusion, d’accompagnement voire d’assistance comme cette expérience laïque en communauté religieuse, voir aussi l’intérêt de pratiquer la médiation animale.

A quand des modèles masculins de soignants de terrain fiers de travailler aux domiciles, en résidences, en Ehpad (voir les expériences décryptées sur l’Ehpad de demain) ?

A quand des professionnels qui affichent la fierté de leurs métiers, des résultats obtenus dans la qualité de leur prendre soin, pour aider la vie debout jusqu’au bout ?

A quand une loi Grand âge-autonomie portée politiquement, et qui aborde cet impensé ?

Gageons que la campagne C’est la vie ! atteigne la cible masculine aussi et qu’Olivier Babinet le réalisateur enchaine sur un film en écho à Pupille avec Gilles Lellouche, en assistant familial d’un bébé en attente d’adoption.

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