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Accompagnements & soins

Geneviève Laroque, marraine d'Agevillage, nous a quittés

Auteur Rédaction

Temps de lecture 3 min

Date de publication 24/09/2012

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Qu’il m’est difficile de rédiger l’édito cette semaine.

Le décès de Geneviève Laroque ce 19 septembre rend Agevillage orphelin.
Après la disparition de son complice Maurice Bonnet fin mai, je me sens personnellement à la fois perdue et héritière de ses réflexions, ses messages, ses batailles et sa curiosité.

Les hommages pleuvent logiquement sur les 35 ans de gérontologie de cette grande dame (voir le florilège de ses interventions filmées sur Agevillage). Je m’associerai à ceux du Collectif « Une société pour tous les âges » auquel elle collaborait activement.

En tant que figure tutélaire, présidente de la Fondation Nationale de Gérontologie (FNG), énarque, ex-Igas (Inspection générale des affaires sociales), mais aussi en tant que femme, mère, amie, artiste à ses heures… elle m’a toujours soutenue, orientée, guidée.
En 2000, Geneviève Laroque s’est installée à la tête du comité d’orientation d’Agevillage.com et Agevillagepro​.com.
Je suis alors devenue sa « Petite » qu’elle interpellait presque chaque semaine pour saluer certaines newsletters (la dernière qu’elle a beaucoup aimé parlait de la « minute vieille ») ou pointer nos fautes de frappe ou d’orthographe !

En 2005, elle préface l’ouvrage Humanitude” (qu’Agevillage a décidé d’accompagner) et souligne que les auteurs enfoncent, fermement, délibérément une porte que l’on espérait ouverte et rappellent que l’homme vieux est une personne”.
Tout récemment, elle a accepté d’organiser et d’accueillir à la Fondation une rencontre entre les auteurs de cette approche non médicamenteuse qui porte le nom d’Humanitude avec les autorités médicales et universitaires.
Elle avait conscience des enjeux macro-économiques tout comme des besoins quotidiens des soignants aux prises avec des résidents de plus en plus fragiles et malades. Elle pesait pour que des évaluations scientifiques attestent du bienfondé (ou non) de ces approches non-médicamenteuses. Les professionnels continuent de réclamer ces études pour faire évoluer les pratiques, les formations initiales. Elle sera notre grand témoin, tout à la fois présente et absente, lors du 5e colloque international qu’Agevillage et l’approche Humanitude tiendront les 8 et 9 novembre prochain à Paris.

Militante des droits de l’homme (quel que soit son âge, son sexe…), défenseuse d’une société accessible à tous, son sens de la synthèse et sa légitimité dans les jurys, étaient unanimement reconnus. Ses colères demeureront également dans toutes les mémoires :
- contre les « gérontechnologies » quand elles stigmatisent l’âge
- contre l’âgisme (nous participions ensemble à l’Observatoire du même nom)
- contre l’inter-génération lénifiante

Elle approuvait chaleureusement les innovations techniques designées” pour tous et toutes (et pas que pour le jeune homme trentenaire).
Elle a supporté chaque année le Prix Chronos sa devise Grandir c’est vieillir, vieillir c’est grandir”.
Pour faire évoluer le regard sur le grand âge, elle martelait 80 % des plus de 80 ans vont bien merci “, ils vivent avec leurs pluri-mini-handicaps”.

Tout récemment encore, alors que la maladie prenait le dessus, elle était prête à mobiliser les énergies pour débattre sur des projets de loi autour du droit des âgés”.
Le défenseur des droits, Dominique Baudis, corrobore son point de vue cette semaine sur Agevillage.

Nous n’entendrons plus la voix, nous ne lirons plus les mails courts et précis de notre marraine qui s’est éteinte doucement, lucide et sereine, dans un hôpital de la région parisienne.

Après ses obsèques dans la stricte intimité familiale, espérons que la FNG pourra organiser un hommage public à Geneviève, à Gino”, à Madame Laroque.
Le besoin de dire ce qu’elle a apporté nous étreint, l’envie de suivre les chemins qu’elle a tracés est palpable.
Comme Maurice Bonnet, elle n’aura pas vu naître une véritable prestation de compensation des situations de handicap quel que soit l’âge de la personne concernée.

Nous sommes ses héritiers. Soyons en dignes.

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