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Accompagnements & soins

Bercy : 1 / Médico-social : 0

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 15/10/2012

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Comment expliquer que la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie), en 2012 à nouveau, annonce un excédent de près de 200 millions d’euros alors que l’accès aux services reste très coûteux pour les personnes fragilisées et leurs proches, que des services à domicile ferment, que des emplois sont menacés en vertu de la convergence budgétaire … ?
Comment oser reverser des excédents” au budget de la sécurité sociale quand, dès 2005, la Cour des Compte affirmait que les besoins d’aides aux personnes âgées étaient couverts à moitié ?

A l’évidence, les protestations régulières des différents acteurs ne permettent pas d’exiger la dépense des crédits votés par les parlementaires
> L’AD-PA et la Fnapaef, dénoncent depuis de nombreuses années ces excédents détournés” et crient au sabotage”.
> la député Laurence Dumont a saisi en mai 2010 la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale, afin de faire la lumière sur l’utilisation des fonds de la journée de solidarité. Les gouvernements ont rejeté ces suspicions.
> L’IGAS et l’IGF pointaient en mars 2010 une carence des système d’informations pour expliquer cette sous-consommation des crédits affectés.
> En 2011 les représentants des personnes âgées, des familles, des fédérations professionnelles, des conseils généraux s’insurgeait contre ces excédents non utilisés.
Ils proposaient une utilisation de ces crédits pour la médicalisation des établissements, un moratoire des reprises de crédits des structures en convergence tarifaire”.

Alors que les situations de crises s’accroissent (épuisement des aidants, fermeture de services), que les besoins suivent l’évolution démographique, que la pauvreté monte parmi les plus âgés… les revendications du secteur médico-social restent peu audibles, peu visibles.

L’opinion a du mal à se mobiliser quand il s’agit de répondre aux besoins de personnes en situation de handicap ou de fragilité liés à l’âge.
L’épuisement des aidants familiaux et professionnels reste peu médiatisé, hormis via des faits divers.

Le rapport de force n’est pas encore gagné dans l’opinion. La question du 5e risque a ainsi à peine été évoquée dans la dernière campagne présidentielle. Là aussi, la crise économique semble ruiner toutes les initiatives. L’enjeu pourtant éminemment politique n’est pas porté.

Ce rapport de force entre administrations centrales ne semble pas favorable non plus. Il doit être très valorisant pour la carrière de hauts fonctionnaires (à la CNSA, à la DGCS …) de savoir remonter des crédits plutôt que de les dépenser.
Quelle dose de cynisme faut-il pour oser priver un secteur exsangue du petit filet d’eau — auquel il a droit — tout juste capable de le maintenir en vie ?
Ces pratiques se pousuivent d’un gouvernement à l’autre, d’un président à l’autre.
Elles augurent mal de la grande réforme de l’aide à l’autonomie qu’on nous promet pour 2014.

Certes ces crédits repartent vers l’Assurance Maladie. Mais ce déficit sera-t-il moins abyssal parce qu’on aura accru un peu plus chaque année la souffrance du secteur de la gérontologie ? Combien de temps faudra-t-il encore pour mettre au point un système d’information juste et fiable ?

Le secteur médico-social doit sortir du bois, démontrer ses compétences, prouver l’efficacité des filières professionnelles et structurées. Ses actions et ses métiers sont nobles et indispensables dans une société qui compte maintenant 5 générations les unes à côté des autres.

Il n’est pas normal de toujours subir, de rester en défense.
Mais à ce jour le score du match est toujours le même — Bercy : 1 / Médico-social : 0.

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