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Qualité & management

Soulager les classes moyennes

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 07/01/2013

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Edito annie de vivieLe vieillissement de la population se mesure au nombre de centenaires et super-centenaires, que les médias et les proches aiment valoriser.
Rappelons qu’avant 80 ans, 8 personnes sur 10 vivent autonomes, avec leurs pluri-mini-handicaps (surdité, basse-vision, maladies chroniques). Elles vivent d’autant mieux que l’environnement est adapté, accessible (habitat, transports, voie publique).

Mais l’âge avançant, les fragilités, les maladies, les handicaps invalidants augmentent.
Les proches sont en première ligne pour compenser le besoin d’aide.

L’APA, allocation personnalisée d’autonomie, créée en 2001, vient aider au financement de ces aides pour les personnes fragilisées (évaluées en GIR 1 à 4). Elle est ouverte à tous sans conditions de ressources, mais un ticket modérateur régule le montant de l’allocation en fonction du niveau de revenu. 

Il est de notoriété publique que les forfait APA sont insuffisants mais qu’ils profitent d’abord aux plus démunis. Idem pour les aides au logement, à l’hébergement et l’ensemble des aides sociales.

Les aidants familiaux, les proches, sont particulièrement sollicités, ils compensent et s’épuisent.

C’est face aux tarifs des maisons de retraite — 2200 € en moyenne par mois (quand les retraites moyennes plafonnent à 1100 €) que les inégalités s’accroissent. Les plus démunis peuvent entrer en établissements médicalisés habilités à l’aide sociale (dont les listes d’attente sont longues).

Les plus aisés financent naturellement les services à domicile ou les maisons de retraite. ils peuvent bénéficier aussi de déductions fiscales.

En revanche, ce sont les classes moyennes qui souffrent. Leurs membres ne bénéficient que d’une APA atténuée, et si ces personnes souhaitent bénéficier de l’aide sociale, celle-ci est récupérable à la succession. L’aide sociale à l hébergement ne se déclenche que si les enfants et les proches ont auparavant été soumis à l’obligation alimentaire.

Si une réforme atterrit un jour sur le bureau de l’Assemblée nationale et du Sénat, c’est aux classes moyennes qu’elle doit porter secours.

Les personnes âgées malades, fragilisées attendent donc une prestation de compensation renforcée financièrement, mais pas seulement.
Elles attendent aussi une évaluation professionnalisée de leur situation, un plan d’aide adapté, la coordination des intervenants, l’identification de services d’aides et de soins, des établissements abordables et de qualité (avec un personnel formé en nombre suffisant).

De nouveaux services coordonnés, de qualité, repérés sur les territoires pourraient éviter les recours évitables aux urgences, la sur-médicamentation, réduire les hospitalisations, l’épuisement des aidants.
Enjeux financiers, enjeux d’organisation de l’offre de service (aides et soins), adaptation de l’habitat, renforcement des personnels tant à domicile qu’en établissements, pour soulager la peur de vieillir malade et fragilisé, nous suivrons avec intérêt le projet de loi annoncé cette semaine par notre ministre, Michèle Delaunay, dans ses voeux aux lecteurs d’Agevillage et Agevillagepro​.com.

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