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Réseaux & territoires

Le DARI rime avec parapluie ?

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 21/01/2013

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Edito annie de vivieLes autorités nationales (Direction générale de la cohésion sociale, direction générale de la santé) exigent des Ehpad et autres établissements d’accueil via les ARS (Agences régionales de santé) la tenue du Document d’analyse du risque infectieux (DARI).

Limiter les infections, les contagions, les surconsommations de médicaments, les hospitalisations…, partager les expériences réussies, quoi de plus normal ?
En apparence en tous cas, car ce DARI bute sur la dure réalité qui se vit au sein des services. Et prend les apparences d’un parapluie”…

Les administrations qui le promeuvent semblent peu se soucier en effet :

- du manque de moyens accablant du secteur médico-social et des EHPAD (Etablissements pour personnes âgées dépendantes)

- des équipes soignantes et non-soignantes notoirement insuffisantes et qui peinent à être recrutées (le secteur est peu attractif), même quand elles sont budgétées.

- des résidents de plus en plus malades et handicapés, entourés de familles angoissées, culpabilisées, exsangues au plan financier ou absentes…

- des locaux à rénover et mettre aux normes : encore beaucoup de chambres doubles sans salles de bain, des circuits propres et sales qui se croisent, des canalisations d’eaux vétustes…

- de l’accumulation de textes (DGCS, CNSA), de recommandations (Anesm, Anap), de normes (accessibilité), d’obligations : suivi budgétaire, Aggir/​Pathos, évaluations internes et externes, signalements (pathologie, maltraitances)… Le tout à budget constant voire en diminution : prime à la grabatisation”, convergence tarifaire, exigences gestionnaires (pour les établissements commerciaux).

Les structures souffrent d’un manque de vision, d’ambition et donc d’aides et de soutiens pour le management, l’encadrement et la gestion de projets.

Aux vues des finances publiques, des ressources des personnes âgées et de leurs proches, des niveaux de redéploiement possibles du sanitaire vers le médico-social par exemple.… nous voyons qu’une augmentation massive des moyens en maison de retraite, notamment, est sans cesse repoussée.

Certains se regroupent (GCSMS), s’inscrivent dans une filière et mutualisent leurs moyens pour créer un demi ou un poste de qualiticien, gestionnaire de projet, pour formaliser un référentiel commun etc.
Ils contactent les structures de références (CCLIN pour le DARI) pour obtenir des aides méthodologiques, participer à des formations, adapter les référentiels à leurs contraintes.
Ils lancent des études qui montrent les réussites mais aussi les échecs demandant clairement soit des moyens, soit des énergies (bénévoles), soit des investissements…
Ils peuvent alors communiquer vers les autorités de tarification, les élus, les médias.

L’énergie repose surtout sur ces individus, ces managers de projets qui osent :
- affirmer leurs valeurs, leurs ambitions pour les plus fragiles et vulnérables d’entre nous, et être exemplaires.
- évaluer les écarts entre les valeurs affichées et les valeurs produites dans le prendre soin quotidien.
- acquérir toujours des savoir-faire, des méthodologies, des techniques éprouvées, ré-évaluées
- analyser sans arrêt, en toute humilité, leurs pratiques : groupes de réflexions éthiques…

Avant d’ouvrir le prochain parapluie, gageons que le prochain DARI” soit issu de ces expériences réussies, testées, réalisables, ambitieuses et lisibles (Label).

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