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ANM - approches non médicamenteuses

[ColloqueANM 2022] Habiter chez soi (Pascale Richter)

Auteur Rédaction

Temps de lecture 3 min

Date de publication 14/12/2022

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Comme chaque année, nous démarrons sur agevillagepro notre retour sur le colloque ANM 2022. Découvrez au fil des semaines un résumé des interventions de novembre 2022, sur le thème de l'espace. Pour ceux qui auraient manqué ces journées, nous ouvrons la version numérique du colloque en janvier. Les inscriptions sont d'ores et déjà possibles sur le site colloque-anm.fr. En attendant, place à l'architecte Pascale Richter, qui revient sur la notion de chez soi dans les espaces collectifs.

L’intervention portera sur l’influence de l’architecture dans notre manière d’habiter le monde. Nous tenterons de définir quels pourraient être les impondérables d’un chez soi, au travers d’exemples de réalisations en France et à l’étranger

Mots-clés : habiter, les impondérables d’un chez soi, réalisations de chez soi

Le temps s’écoule différemment, on découvre la lenteur, l’attente…

On est moins autonome, le logement qu’on occupe devient trop grand, celui des enfants est trop petit…

Alors on déménage.

On change de maison.

Car avant d’être « de retraite », c’est une maison que ses habitants peuvent s’approprier, une grande maison qui, comme tout immeuble d’habitation, s’intègre discrètement dans le tissu environnant et présente une échelle domestique, modeste et accessible.

Comme à la maison, il y a une entrée, le salon, la salle à manger, des chambres.
Mais on est moins seul.

La grande maison est aussi un petit village avec son restaurant, son coiffeur, son médecin, son kiné, sa « poste », son tiers-lieu…
Devant l’édifice, l’espace est conçu comme une place de village.
Ouvert à tous, on peut s’y arrêter, s’y asseoir, participer à la vie de la cité. Autour de l’escalier, le hall d’entrée est à la fois la prolongation de cette place et le cœur, le foyer spatial du bâtiment. Dans l’animation de l’ensemble des services, on prend la mesure de l’édifice, on le comprend, on se repère aisément.

Toute la maison est « pratiquée » : les circulations sont pensées comme des promenades, comme une succession dynamique d’évènements (une entrée de lumière, une vue, une vitrine, etc.). Rassurés physiquement par un environnement approprié, les habitants sont ainsi stimulés visuellement.

Partout, on peut observer le déroulement de la vie.

Dans cette grande maison, on est moins seul et la vie s’offre à nouveau…
La salle de restauration est prolongée d’une terrasse ombragée par des arbres à port étalé. La largeur maîtrisée de l’espace permet de lui garder l’échelle et la convivialité d’une salle à manger. Les lieux d’activité et de soins du corps s’ouvrent sur l’extérieur.
Les lieux de transition (devant la salle à manger, devant l’ascenseur, devant le salon de coiffure, le vestibule devant les chambres, etc.) sont des lieux d’attente, des lieux de vie aux atmosphères marquées. Ici un banc pour se reposer et échanger, là une vue sur la ville ou le paysage.
L’édifice a son jardin, un jardin vivant aux vertus thérapeutiques.
Pas trop grands, les arbres offrent une échelle de petit jardin tout en préservant pour les logements à l’étage les vues sur l’horizon. Les arbres marquent fortement les saisons, et composent une succession de peintures vivantes.

Maintenant qu’on est moins seul, on n’en est pas moins unique…
Unique et fragile…

De l’extérieur, par le dessin des façades, le volume, les plantes, la couleur des rideaux, chaque résident reconnait et identifie son chez-soi. Les fenêtres sont travaillées comme des meubles que l’on peut habiter. Un soin particulier est porté au plafond, ici et partout ailleurs dans l’édifice, toute référence hospitalière est bannie.
Mais avant tout, l’habitation est vécue comme une micro demeure et permet la reconstitution d’un univers intime différent pour chaque résident : sources lumineuses variées, recoins, tablettes…

Comme à la maison…

Pascale Richter est co‑gérante de l’atelier Richter architectes et associés dont les premières années furent consacrées principalement à des réalisations pour des publics fragiles (personnes âgées, jeunes enfants, handicapés physiques et mentaux…) au ressenti exacerbé ou éteint.

Pour une architecture qui peut et doit prendre soin, aider l’individu à trouver sa place.

L’atelier Richter architectes a été lauréat de l’Équerre d’Argent en 2018 pour le centre psychiatrique de Metz-Queuleu.

Pascale Richter est également membre du Laboratoire des solutions de demain au sein du CNSA.

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