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Métiers

JA 2022 de la SFGG - La gériatrie a des étoiles plein les yeux estime le professeur Nathalie Salles

Auteur Annie De Vivie

Temps de lecture 3 min

Date de publication 23/11/2022

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Le professeur Nathalie Salles, présidente de la société française de gériatrie et gérontologie (SFGG), revient sur la dynamique des journées annuelles (JA) qui se sont déroulées du 7 au 9 novembre à Paris. Elles ont réuni 1200 professionnels de terrain et 500 connectés. Découvrez le best of des communications et les réponses de la présidente de la SFGG à nos trois questions.

Agevillagepro : La SFGG a fortement réagi aux propos du ministre de la Santé sur la démotivation des élèves infirmiers suite à leur premier stage en gériatrie. Quelle a été votre réaction personnellement ?

Pr Salles : J’ai très mal pris les propos de François Braun sur la « soi-disant maltraitance que subiraient les infirmiers lors de leur stage de gériatrie ».

C’est tout le système de santé et d’enseignement qui est à questionner. Nous faisons tous des efforts considérables, notamment dans les services de gériatrie, pour accueillir, former et motiver les étudiants. La SFGG a mis en avant depuis de nombreuses années la question de l’attractivité des métiers. L’étude de la Fédération hospitalière de France avant l’été montrait un hôpital bien malade, tout particulièrement dans les services de médecine, urgence et psychiatrie.

Comment ne pas voir dans les propos âgistes du ministre les difficultés à faire évoluer les maquettes organisationnelles en gériatrie en adéquation avec la charge en soins liée à l’évolution des profils des patients. Avec plus de moyens, plus d’effectifs formés. 

Le Conseil national des professionnels (CNP) de gériatrie ne désarme pas et mobilise la pluridisciplinarité pour améliorer le prendre soin et l’attractivité des métiers.

Agevillagepro : Parmi les communications lors de ces JA SFGG 2022, quelles sont celles qui vous ont particulièrement marquée ?

Pr Salles : J’ai été frappée par l’ambiance, boostée par les jeunes. Les jeunes gériatres, l’EAMA (European Academy for Medicine of Ageing), les internes DES de gériatrie qui ont fait le déplacement malgré le démarrage de leur stage en gériatrie.

Depuis plusieurs années, sous l’impulsion du professeur Olivier Guérin, la SFGG va au-devant de ces jeunes professionnels. Je suis touchée et ravie de leur engagement, de leur dynamique et de leur humour aussi, dans la réalisation du « Quoi de neuf en gériatrie ? » relayés sur les réseaux sociaux.

Coup de chapeau aussi aux huit lauréats des Prix Chaffoteaux SFGG /​Fondation de France qui récompensent des jeunes d’horizons ouverts, de la recherche clinique aux sciences humaines et sociales.

De plus, l’enquête PUGG 2022 sur la formation en gériatrie a mobilisé 500 réponses de gériatres et professionnels en gérontologie. Pour renforcer l’attractivité de ces formations, les futurs enseignements vont s’orienter sur les thèmes suivants : les troubles psycho-comportementaux, l’organisation des soins et la prescription médicamenteuse avec beaucoup plus de cas clinique, pratiques et un mixte présentiel/​distanciel.

Agevillagepro : Quels sont les projets prioritaires de la SFGG suite aux Journées Annuelles ? Après le vote du PLFSS 2023 ?

Pr Salles : Nous allons continuer d’aller vers les jeunes, de les soutenir avec des bourses, des prix en écho aux débats éthiques autour de la fin de vie notamment. Nous allons aussi poursuivre notre travail en transdisciplinarité avec toutes les professions en lien avec le vieillissement : les sciences économiques et sociales, juridiques, l’architecture, avec les gérontopôles et d’autres sociétés savantes : la médecine, l’urgence, la réadaptation, la neurologie.

Enfin, à l’instar de notre tribune dans Le Monde, le 22 septembre dernier, nous allons continuer de militer auprès des décideurs politiques sur la prévention tout au long de la vie, face notamment à la contraction de l’offre de soin, l’âgisme, l’accompagnement des maladies chroniques et la demande de soutien à domicile.

On le voit : le sujet âgé n’est pas un enjeu politique. L’argent n’arrive pas au regard des secteurs du numérique, de la santé mentale, de la pédiatrie. Or nous estimons qu’investir dans la prévention primaire, secondaire, cela devrait être rentable. Vers une longévité active comme l’explique le professeur Gilles Berrut dans son dernier livre.

Nous vous donnons rendez-vous aux Printanières de la SFGG le 9 mars prochain en 100 % digital. Après la prévention cette année, nous apporterons des regards croisés sur le thème « Peut-on encore conduire après 80 ans ? »

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