Aller sur la navigation Aller au contenu principal Aller sur la recherche

Politiques grand âge

Bienveillance, bientraitance, bien vieillir : le Corerpa Ile-de-France interroge les instances et professionnels

Auteur Annie De Vivie

Temps de lecture 4 min

Date de publication 17/05/2023

0 commentaires

La Coordination régionale des retraités et personnes âgées d’Île-de-France organisait ce 10 mai à l'Assemblée nationale un colloque "Bienveillance, bientraitance, bien vieillir" en interrogeant les instances nationales et locales, les professionnels et les représentants des personnes (Comités départementaux citoyenneté et autonomie : CDCA). Panorama des représentativités, des ressources, des réflexions menées.

Du national au service public territorial de l’autonomie : qui fait quoi dans les politiques publiques de l’autonomie ?

Mal connue, voire inconnue du grand public, la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) est devenue la 5eme branche autonomie de protection sociale avec près de 40 milliards d’euros de budget dont la "Journée de solidarité", a expliqué Genneviève Manarino, conseillère du président du conseil.

Sa convention d'objectif et de gestion (COG) vise à garantir les équités territoriales, participer aux transformations de l’offre dans le parcours de solutions, de services, d'habitats teintés d'une ambition d'autodétermination forte des citoyens.

La CNSA contractualise avec les départements et les ARS en tripartite pour déployer leurs politiques locales vers de futurs "services publics territoriaux de l’autonomie" à partir des recommandations du rapport Libault.

CNSA, Agences régionales de santé, départements, collectivités locales : chacun va travailler sur les pistes "au dernier km, avec une porte d’entrée unique de la prévention, l'information, à l'accompagnement, au suivi des prestations avec un back office à construire" annonce Genneviève Manarino qui conclut en souriant : "l'enjeu est de sortir du mille-feuille immangeable".

De son côté, Christelle Dubos a présenté le travail des 149 médiateurs répondant aux allocataires de la CAF (Caisse d'allocations familiales). François Durovray, président du département de l'Essonne, annonce lancer une "journée de la main et du cœur" pour les professionnels de l'aide à l'autonomie.

Olivier Richefou, président du département de la Mayenne, vice-président de l'Association des départements de France (ADF) salue la future prime Adapt pour adapter l'habitat et insiste sur l'importance de lancer des politiques de recrutement des professionnels aux domiciles.

Isabelle Bilger, directrice de l'autonomie à l'ARS Île-de-France, a rappelé les dispositifs qui tissent les parcours singuliers de prises en soin vers demain le service public territorial de l'autonomie (convention Saad/Ssiad en service de l'autonomie), vers les Ehpad ressources, hors les murs. L'ARS et les Cnam déploient aussi la promesse présidentielle d'un médecin généraliste pour chaque personne atteinte d'une affection longue durée.

Politiques de bientraitance en Ehpad : témoignages de la Fondation Partage et Vie et du groupe Colisée

A la fondation Partage et Vie, la politique de bientraitance s'appuie sur la démarche Montessori pour favoriser l'autonomie des personnes. Mais la question des moyens reste prégnante, insiste Dominique Monneron son directeur général.

Le tarif moyen de 120 euros par jour est inférieur de 30 à 40 euros aux réels besoins d'aides, de soins et de présence des personnes accueillies aujourd'hui. Sachant que les 120 euros actuels se répartissent en 40 euros pour le tarif soin financé par les ARS, 15 euros pour le tarif dépendance via les départements, 65 euros pesant sur les épaules des résidents et leurs proches.

"Plutôt que de faire peser les 30 à 40 euros/jour manquant aux seuls résidents d'Ehpad, aux départements, sans oublier les besoins des services au domicile, ne pourrait-on pas répartir le risque sur l’ensemble de la population avec une assurance obligatoire au même titre que l'assurance santé, habitation, automobile ?" suggère Dominique Monneron.

De son côté, Christine Jeandel, présidente du groupe privé commercial Colisée, salue ce colloque "qui fait du bien avec ces trois "bien" dans bienveillance, bientraitance et bien vieillir". Elle estime que la transparence et l'ouverture des structures sont des gages de la bientraitance. Or lors de la crise sanitaire, les autorités ont poussé les établissements à fermer pour la sécurité des habitants, ce qui a renforcé les craintes, la défiance comme si les structures avaient des choses à cacher. Par ailleurs, la présidente de Colisée reconnaît que des erreurs ont été commises dans l'accompagnement des fins de vie et des décès pendant cette pandémie, du moins au début.

Elle salue la récente mission confiée à Laurent Frémont sur les droits de visite en Ehpad.

Par ailleurs, pour favoriser la transparence, Colisée publie tous les avis des habitants, familles, professionnels, qu'ils soient positifs ou négatifs. 200 000 verbatims ont ainsi été analysés comme des signaux parfois faibles mais à suivre et traiter.

Christine Jeandel insiste aussi sur la nécessité de valoriser l'engagement des équipes et leur professionnalisme, leur savoir-faire. Le secteur manque de professionnels formés. La bienveillance personnelle ne suffit pas.

"Aujourd'hui, nous devons recruter des personnes volontaires, bienveillantes mais non formées. Charge à nous de les emmener vers une forme de valorisation des acquis de l'expérience inversée vue l’urgence. C'est critiquable mais comment faire autrement ?", interroge-t-elle. Elle suggère des pistes qui ne coûtent rien comme le renforcement des jurys des VAE, l'ajustement des normes techniques et des déclarations à remplir.

La présidente salue des symboles positifs comme "La journée essentielle" qui a valorisé le métier d'auxiliaire de vie sociale, avec la mise en valeur du caractère essentiel de leur intervention sur leur voiture.

Enfin, Colisée, entreprise à mission depuis 2019, a aussi lancé un conseil de la vie sociale (CVS) national pour soutenir les élus, les proches aidants et les aider à s'investir dans la durée (au même titre que les élus/parents d'élèves dans les écoles qui s'investissent sur 5, 10, 15 ans selon le nombre d'enfants).

Partager cet article