Aller sur la navigation Aller au contenu principal Aller sur la recherche

Aides techniques pour se laver, s'habiller, aller aux toilettes - Des aides pour préserver autonomie et intimité

Temps de lecture 10 min

0 commentaires

C’est une question de dignité : aussi longtemps que possible, l’intimité et l’autonomie doivent être préservée. Mais mal équipées, les toilettes, une salle de bains peuvent se montrer aussi dangereuses qu’une cuisine !


Pour les rendre plus sûrs, il ne s’agit pas forcément de tout reconstruire. Parfois, des aménagements de bon sens suffisent : un sol antidérapant, des poignées et des rampes au mur pour s’accrocher, une porte qui s’ouvre vers l’extérieur en cas de malaise…

Quant aux vêtements des gammes adaptées aux handicaps, ils sont désormais disponibles dans le commerce. Et sans tomber systématiquement dans le jogging : des vêtements classiques, appréciés, débarrassés de leurs systèmes gênants (boutons, fermetures éclairs), avantageusement remplacés par de discrets élastiques, velcro…

Des toilettes adaptées pour une autonomie préservée

Accompagner son proche aux toilettes, même si l’opération prend du temps, et repousser le plus tard possible l’utilisation de protections reste le meilleur moyen de prévenir l’incontinence et de préserver son autonomie. Encore faut-il que les lieux d’aisance soient sûrs et accessibles…

Plusieurs points sont à surveiller pour rendre les toilettes faciles à utiliser, en toute sécurité.

Chutes : aux toilettes aussi…

Pour éviter les chutes, mieux vaut recouvrir le sol d’un revêtement en plastique antidérapant, et plus agréable sous les pieds qu’un carrelage froid.

Si nécessaire, vous pouvez baliser le chemin menant de la chambre aux toilettes avec un éclairage type ruban de led. Pour faciliter l’allumage en cas de visite nocturne, il existe aussi des interrupteurs lumineux, plus faciles à repérer dans le noir.

Autre solution, un peu plus onéreuse mais terriblement efficace, l’éclairage automatique couplé à un détecteur de mouvement.

Et pour pouvoir se relever facilement une fois la mission accomplie, pensez aux barres d’appui. Elles peuvent également aider l’utilisateur à s’installer et peuvent être repliables, donc compatibles avec un fauteuil roulant.

Dans tous les cas, n’hésitez pas à vous faire conseiller par un ergothérapeute.

Vous pourrez vous procurer tous ces équipements en magasin de bricolage.

Prenez de la hauteur

Pour rendre les toilettes plus accessibles, il faudra peut-être corriger leur hauteur, et, dans certains cas, leur inclination. Les personnes ayant subi une opération de la hanche, par exemple, seront plus à l’aise sur des toilettes légèrement inclinées vers l’avant.

Encore une fois, un professionnel sera le plus à même de vous guider. Vous pouvez aussi aller vous renseigner et voir ces différentes solutions dans un Cicat (en savoir plus).

Dans cette optique, vous avez le choix entre plusieurs options :

  • Pose de toilettes surélevées
  • Ajout d’un rehausseur fixe ou escamotable
  • Fixation d’une chaise rétractable au dessus de la cuvette existante
  • Installation d’un siège de toilette ajustable motorisé pour monter et incliner facilement la cuvette


En complément, la chaise percée, ou chaise garde-robe, permettent de répondre aux envies très pressantes. Elles peuvent être équipées de roulettes (attention dans ce cas à bien serrer les freins avant de s’asseoir), et remplir aussi la fonction de siège de douche.

Accessoires utiles

Vous pourrez trouver dans les boutiques spécialisées des coussins amovibles, gonflables ou non, pour un confort optimal.

Il existe aussi des pinces spéciales autour desquelles le papier toilette est enroulé. Si cela ne convient pas, pensez aux toilettes à la japonaise, avec douchette intégrée et équipées d’un séchoir. Elles restent néanmoins assez coûteuses.

Salle de bain : prendre soin de soi en toute sécurité

Incontournable au quotidien, la salle de bains est aussi un lieu qui peut s’avérer dangereux, à cause du risque de glissage ou de brûlure. Le rendre plus sûr, c’est pouvoir continuer à prendre soin de soi en toute sécurité : indispensable pour le moral et le bien-être…

Priorité numéro un : prévenir les chutes

Au sol, posez un revêtement antidérapant, plus sûr et moins froid qu’un carrelage. Vérifiez qu’il soit bien conçu pour les pièces humides, et si possible traité anti-moisissures.

N’oubliez pas non plus la douche ou la baignoire, soit en posant des adhésifs anti-dérapants, soit en optant pour un tapis, à nettoyer régulièrement pour éviter les moisissures.

Pensez aussi aux barres d’appui, de préférence en plastique (moins froid que le métal) et rainurées (peu glissant).

Pour être sûr de les fixer à la bonne hauteur et à la bonne inclinaison, un peu de mise en situation s’impose.

S’avoir s’asseoir


Si la station debout est pénible, prévoyez une assise dans la douche mais aussi devant le lavabo.

Pour la douche, attention : optez pour un modèle bien stable, et de préférence fixe, à installer au mur ou au sol.

Il existe aussi des chaises de douches, fixes ou à roulettes, et même des fauteuils roulants adaptés à un usage dans la salle de bains.

Des robinets sécurisés et faciles à manipuler

Les mitigeurs à levier sont les plus faciles à actionner, juste derrière les robinets automatiques, qui s’enclenchent lorsqu’on présente les mains… mais pour un coût deux fois plus élevé.

Pour les personnes désorientées, le robinet temporisé — qui s’arrête de couler seul après un certain temps — peut être une solution, à condition qu’il soit facile à manipuler : les modèles dotés d’un bouton poussoir requièrent par exemple un peu de force.

Le must ? Le robinet temporisé ET automatique. Mais il faudra débourser plusieurs centaines d’euros.

Pour limiter les risques de brûlures, réglez le thermostat du chauffe-eau à une température raisonnable ou optez pour un mitigeur doté d’une bague anti-brûlure.

N’oubliez pas les accessoires

Brosses recourbées ou à long manche, à poignées faciles à saisir, sangle lave-dos, peigne ergonomique, brosse à ongles à ventouses à fixer sur le lavabo ou au mur… autant d’accessoires qui visent à compenser des mouvements devenus difficiles.

Un bon moyen pour continuer à accomplir seul ses rituels de toilette quotidiens.

La liste des courses
  • Barres d’appui : une dizaine d’euros, en magasin de bricolage
  • Tapis anti-dérapant : 7 à 15 euros en magasin de bricolage
  • Adhésifs anti-dérapants pour douche ou baignoire : moins de 10 euros, en magasin de bricolage.
  • Revêtement de sol anti-dérapant : 10 à 20 euros le m2 en magasin de bricolage.
  • Siège de douche à poser (avec pieds antidérapants) : entre 35 et 90 euros, en magasin de bricolage.
  • Siège de douche à fixer : de 50 à 150 euros, en magasin de bricolage ou en boutique spécialisée où vous aurez plus de choix.
  • Chaise de douche : de 60 à 300 euros pour certains modèles à roulettes, en boutique spécialisée.
  • Fauteuil roulant : de 300 à 1200 euros pour les modèles les plus perfectionnés, en boutique spécialisée.
  • Mitigeur : à partir de 45 euros en magasin de bricolage.
  • Mitigeur automatique : à partir de 100 euros en magasins spécialisés plomberie/​salle de bains.
  • Eponge à long manche : environ 10 euros, en boutique spécialisée.
  • Sangle pour le dos : environ 15 euros, en boutique spécialisée.
  • Peigne ou brosse ergonomique : 15 à 20 euros, en boutique spécialisée.
Quelle prise en charge ?

Selon les cas, les aides techniques peuvent être partiellement prise en charge par l’Apa ou par d’autres aides (du département, des caisses de retraite, des mutuelles…). Renseignez-vous au Clic (centre local d’information et de coordination) ou directement auprès de ces organismes.

Trouver leur adresses

Vous pouvez aussi bénéficier de subventions ou d’aides fiscales pour certains travaux d’aménagement (y compris pour l’installation d’une robinetterie adaptée).

Contactez le point rénovation info services le plus proche ou appelez le appeler le 0820 15 15 15 (0,05 € /​min).

Astuces pour ne pas renoncer au bain

Très souvent, les conseillers en aménagement de la maison plaident pour la suppression pure et simple de la baignoire et son remplacement par une douche à l'italienne. Il ne faut peut-être pas se montrer toujours aussi catégorique. Le bain a aussi ses défenseurs, et leurs arguments sont d’autant plus convaincants qu’une baignoire bien équipée n’est pas forcément dangereuse.

Se laver
  • Au fond de la baignoire, un tapis est indispensable pour ne pas glisser.
  • Pour ceux qui veulent rester assis, plutôt qu’allongé au fond de la baignoire, il existe des sièges de baignoire. À la différence de la planche de bain, qui par définition reste en hauteur, ils permettent de concilier la position assise et l’immersion. Les modèles suspendus” sont réputés plus stables que les modèles à ventouses. Encore faut-il que leur hauteur soit adaptée. Certains présentent une assise découpée, afin de favoriser la toilette intime.
Combien ça coûte ?
  • Pour un tapis antidérapant : 10 à 20 €.
  • De 60 € pour un siège de baignoire suspendu standard” à 400 € pour un modèle rotatif haut de gamme.
Entrer dans la baignoire
  • Vous pouvez installer une poignée de baignoire. Petite sœur des poignées qu’on trouve au bord des piscines, elle se fixe sur le rebord extérieur, voire au sol.
  • La porte sur un côté de la baignoire est aussi une solution pour y entrer. L’idéal ensuite est de prendre une douche car le temps de remplir et de vider l’eau de la baignoire est très long. On peut alors prendre froid.
  • La planche de bain propose une solution qui nous semble bien souvent plus intéressante. On la pose en travers de la baignoire, bien en appui sur les deux rebords. De l’extérieur, on s’assied dessus, on pivote le corps, on entre les jambes l’une après l’autre et le tour est joué. On peut rester assis dessus pour se doucher.


Attention à ne pas prendre n’importe quoi ! Il est tout à fait déconseillé de se bricoler une planche de bain à partir d’un vieux morceau de bois. La planche doit être solide et antidérapante. Préférez les modèles en plastique ajouré (pour que l’eau s’écoule) avec des patins ajustables à la forme et aux dimensions de votre baignoire. Une poignée permettant de pivoter plus aisément sera un plus appréciable.

  • Pour les personnes très handicapées, il reste aussi la solution du siège élévateur. Vous vous asseyez dessus lorsqu’il est en position haute et, grâce à un système hydraulique, il vous descend en toute sécurité au fond de la baignoire. C’est beaucoup plus cher (plus de 1 200 €). Mais, après tout, c’est moins cher que de refaire une salle de bains ou d’acheter une baignoire à portes.
Combien ça coûte ?
  • À partir de 100 € pour une poignée d’accès au bain. 
  • Il existe de très bons modèles de planches de bain à partir de 40 € et jusqu’à 100 € pour certains modèles.
Sortir de la baignoire
  • Indispensables, les poignées et barres d’appui seront de préférence, comme dans le reste de la salle de bains, en plastique rainuré. Encore faut-il les placer au bon endroit, mais aussi avec la bonne inclinaison. Faites-vous conseiller par un ergothérapeute ou un kiné.
  • Il existe aussi des ponts de baignoire” qui se fixent derrière les robinets, offrant une barre à laquelle on peut s’agripper à deux mains.
Combien ça coûte ?
  • Les barres d’appui en plastique rainuré se trouvent partir de 10 ou 15 € dans les magasins de bricolage.
  • Prévoir 45 € pour un pont de baignoire.
Quelle prise en charge ?

Selon les cas, les aides techniques peuvent être partiellement prise en charge par l’Apa ou par d’autres aides (du département, des caisses de retraite, des mutuelles…). Renseignez-vous au Clic (centre local d’information et de coordination ) ou directement auprès de ces organismes.

Faciliter l’élégance au quotidien

Quel que soit son âge, prendre soin de soi, de son apparence est essentiel pour une bonne estime de soi, facteur de bien-être. Que l’on s’habille seul ou non, zoom sur les accessoires et vêtements qui facilitent l’élégance au quotidien.

Des accessoires malins pour s’habiller plus facilement

Enfile-bas ou chaussettes, accroche soutien-gorge, enfile bouton, chausse-pieds télescopique, lacets élastiques pour mettre et ôter ses chaussures sans dénouer les lacets, tire-bottes et même aide à la fermeture des bijoux : il existe de nombreux outils astucieux pour s’habiller en un clin d’œil.

Des accessoires généralement peu onéreux (jusqu’à 40 euros pour un enfile-bas manuel), et c’est tant mieux car ils ne sont pas pris en charge par l’assurance maladie…

Rester élégant grâce aux collections adaptées

Par ailleurs, de plus en plus de fabricants se lancent sur le créneau des vêtements adaptés. Pour éviter le sempiternel jogging et continuer de prendre du plaisir à s’habiller, ils repartent des collections classiques en les modifiant juste ce qu’il faut pour les rendre faciles à enfiler, seul ou avec le coup de main d’un d’aidant, confortables et agréables à porter en toutes circonstances.

Parmi les solutions : les boutons sur le côté ou dans le dos, des ceintures élastiques, des boutons pressions, des coupes adaptées au fauteuil roulant, des fermetures éclair en complément des boutons, fermetures aimantées, des tissus très extensibles, des soutiens-gorge qui s’agrafent sur le devant…

Quelques marques : Selfia, Constant & Zoé, boutique en ligne Habicap, Benefactor

A noter aussi, la démarche Bien à porter, qui attribue un label aux vêtements ergonomiques, confortables et faciles à passer dans les collections de boutiques généralistes.

N’hésitez pas à partager vos bonnes adresses dans les commentaires.

Partager cet article

Sur le même sujet