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Edito : handi'gnez-vous

Capacité d'indignation


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On connaît les lanceurs d'alerte dans le secteur monde de l’industrie, la finance. On sait à quel point ils sont importants mais aussi vulnérables (voir édito d'avril 2016).
Et dans le medico-social ?

portrait de Annie de Vivie, fondatrice d'AgevillageCéline Boussié travaillait en IME. Face à des pratiques indéfendables sur des personnes handicapées et vulnérables, elle a choisi de faire face, de dénoncer. Mais comme d’autres avant elle, elle en a payé le prix, financièrement et socialement. Ce n’est que lorsque des personnalités médiatiques se sont jointes à elle (Chimène Badi, Philippe Croizon) que son combat a été médiatisé et entendu. Aujourd’hui Céline Boussié a le statut de témoin protégé par l’Etat. Mais « sa vie ne ressemble à plus rien » dit-elle dans une interview diffusée sur le site Handignez-vous.

Face aux conduites indéfendables de professionnels puissants, protégés, l’omerta peut s’installer avec son cortège de représailles, peurs et renforcement de ces maltraitances.

Face aux conditions de travail qui se dégradent en médico-social, en Ehpad, comme nous le rappelait la Drees récemment, face au silence des élus et des pouvoirs publics, notamment devant le détournement des réserves de la CNSA dénoncé par tous les professionnels (voir l’interview de Caroline Selva de l’Uniopss cette semaine), face à la montée des maladies neurodégénératives que les médicaments ne soignent toujours pas à ce jour (comme le précise l’HAS), le sentiment d’impuissance peut prendre le dessus.

L’indignation est donc indispensable. Elle s’incarne dans ces contre-pouvoirs que sont les lanceurs d’alerte, les porte-paroles des personnes fragilisées (associations de malades, proches, CVS…).

Mais il faut des réponses à l’indignation. Des pistes de solutions pour ne pas tomber dans l’impuissance, l’abandon, l’« à-quoi-bonnisme », le silence, éthiquement dévastateurs. Il faut une vision claire de la qualité attendue dans ces services, à savoir le respect absolu de l’intégrité, de la liberté, de la dignité de toutes les personnes fragilisées mais aussi des professionnels. Il faut que cette vision, ces valeurs se traduisent de manière opérationnelle, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, dans les services. Cela demande des moyens, un management impliqué, engagé, proche des personnes accompagnées, en soutien des équipes aux compétentes constamment renforcées (y compris pour défendre les moyens via le GMP/PMP), avec confiance et vigilance, dans une dynamique humble mais volontaire d’amélioration continue de la qualité. Cela demande de bousculer les habitudes, comme ce recours à la télémédecine dans la relation Ehpad-Samu.

Gardons, cultivons notre capacité d'indignation et ne baissons pas les bras.
Soutenons ces équipes qui prouvent qu’un prendre soin de qualité, ouvert, est possible, dans le cadre des contraintes actuelles. Venez rencontrer les 10 établissements labellisés Humanitude, 1er label de bientraitance, ce 3 novembre pour la soirée de notre colloque annuel.

Tout labellisés qu’ils sont, ils savent qu’ils sont humains, et donc structurellement faillibles. Toute dérive, tout acte déplacé doit être identifié, circonscrit, stoppé, puis analysé, accompagné pour qu’il ne se reproduise pas.

Handi'gnons-nous. Pour les personnes vulnérables. Nous demain.


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