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Edito : Le terrain ne se paye plus de mots

Après les centaines de rapports... la révolution de la longévité oblige à des actions


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Alors que le rapport Dufeu-Schubert est attendu le mi-décembre sur la place des aînés contre l'âgisme, avant un énième "laboratoire pour les établissement de demain", force est de constater que les professionnels de terrain n'en peuvent plus de ces rapports, de ces recommandations et propositions.

Ils ne se payent plus de mots. Ils veulent des actions, des moyens, de la reconnaissance sonnante et trébuchante.

Il faut des moyens, des compétences ajustées pour accompagner la révolution de la longévité, mais aussi la transition écologique et numérique (quand 27 % de retraités franchement réfractaires et ont besoin d'accompagnements selon Stella Delouis de la CNAV aux 7eme Rencontres Villes Amies des Aînés sur le thème Territoires et Longévité).

La démarche Villes Amies des Ainés montre l'importance des élus et de leurs pilotages de ces politiques publiques locales, départementales (en lien avec la CNSA cette semaine, voir aussi les réflexions et actions de la Vice-Présidente du département de la Loire lors de notre dernier colloque annuel) et des politiques nationales.

Tous attendent la loi Grand âge et Autonomie... et les arbitrages financiers associés. Elle devait être présentée en conseil des ministres le 13 décembre prochain.... En attendant ils inventent des prototypes de gouvernances (Départements-CNSA cette semaine).

Mais "le budget CNSA 2020 est insuffisant pour apporter les réponses « du monde d’après » estime Marie-Anne Montchamp, présidente du conseil de la CNSA, en personne. Un monde qui mise sur l'approche domiciliaire, sur "une philosophie d'action basée sur la confiance, le partenariat, le pragmatisme, une résilience territoriale".

Un monde d'après qui ferait de sa transition démographique une force, un investissement plutôt qu'une logique affolante, affolée, mortifère.

Ce changement de vision demande des moyens, des compétences, des techniques de prendre soin, bref un professionnalisme de haut vol, à financer. Mais face aux non-réponses malgré les engagements politiques (cf le Plan Solidarité Grand Age de 2008), face aux réalités sociales (Baisse de 13% du pouvoir d'achat des aides à domicile en 10 ans selon l'UNA, situations de précarité accrue des intervenants), de nombreux professionnels des services à domicile comme des Ehpad s'arrêteront.

Beaucoup seront en grève ce 5 décembre. Même si comme tous ces services de main d'oeuvre, ils seront aussi impactés par ces mouvements sociaux, tout comme les clients âgés, fragilisés et leurs proches aidants.

Mais la colère sociale ne se tait plus. Elle bouscule, elle demande une vision et des actions.

Notre pays, même s'il n'en a pas envie, même si son âgisme reste tenace, ne pourra éviter de décider comment financer la compensation des situations de handicap quel que soit l'âge. Cette compensation ne pourra s'effectuer sans services professionnels d'aide et de soins quel que soit le domicile, avec des DAC (dispositifs d'appuis à la coordination), futurs "guichets uniques des guichets uniques" dont tout le monde rêve. La France va devoir revoir sa gouvernance de l'aide à l'autonomie. Elle devra accompagner aussi l'évolution du bâti associé aux hypothèses de privatisations des Ehpad publics (dont les difficultés d'investissement seraient liées aux modes de tarification ?).

En écho à la consultation citoyenne pour le climat (qui mobilise 150 citoyens tirés au sort et aboutira à des propositions qui seront débattues comme un possible référendum sur une taxe carbone accompagnée), notre République va devoir proposer des réponses à sa longévité. Elles devront dépasser la vision médico-centrée du vieillissement. Les citoyens qui avancent en âge, les professionnels qui les accompagnent, parlent de qualité de vie (de jour, de nuit y compris avec la maladie d'Alzheimer), de respect des droits fondamentaux, de capabilités et de citoyenneté quel que soit l'âge, de rapport aux autres, de rapport au temps (cf. Marie-Françoise Fuchs de Old Up et Fabrice Gzil aux rencontres RFVAA). Ils parlent "vie sociale" debout jusqu'au bout. Au CNAAG, congrès national des animateurs en gérontologie, les projets issus du "Gag Tour" ont fusé en termes de formations, de carrières, d'outils coopératifs pour les animateurs en gérontologie.

Parce que l'envie de bien faire, de bien accompagner la révolution de la longévité est là.
Mais cette envie ne se paye plus de mots.


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