Aller sur la navigation Aller au contenu principal Aller sur la recherche

Qualité & management

De la violence en gériatrie

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 07/09/2015

0 commentaires

Annie de VivieLa question de la violence en gériatrie associée à la montée du burn-out s’inscrit dans les préoccupations. En attestent les thèmes des prochains événements, conférences, débats sur la qualité de vie au travail, l’épuisement professionnel et la dépression (voir l’agenda d’Agevillage).

De quoi parle-t-on ? Un acte de violence recouvre tout événement, agression, parole, comportement blessant qui porte atteinte à l’intégrité physique et/​ou psychique des personnes, aux biens des personnels et/​ou au bon fonctionnement des services. Le préjudice peut être physique, psychique (blessure, atteinte à la santé, à l’intégrité); moral ou matériel (dégât, dégradation, vol).

Les troubles du comportement des résidents (liés aux maladies neuro-dégénératives notamment), les placements” perçus violemment par les personnes elles-mêmes, les dépressions jusqu’au suicide encore trop tabou, les revendications exprimées parfois violemment par des proches culpabilisés, la violence des cadences, des remplacements au pied levé” (dans un cadre budgétaire contraint s’insurge la FNAPAEF), le sentiment d’être seul face aux difficultés (contention) … Nier ces réalités serait une première violence.

Tout lieu de vie socialisé contient des risques de violence : violences personnelles de chaque individu, violences interpersonnelles (huis clos, clans), violences institutionnelles (injonctions contradictoires, ordres intenables…).
Cette violence peut s’exacerber dans nos milieux où des individus sont vulnérables, avec le risque de toute-puissance. On découvrira parfois que la personne fragile, malade, jugée agressive +++” voire violente” devrait plutôt être regardée comme défensive +++” au vu de l’environnement qu’on lui propose (Cf. approches non médicamenteuses : Humanitude®, Validation®, Montessori, Carpe Diem, Snoezelen…).

Comment prévenir ? Repérer ? Gérer ces situations de violence ?
Face à ces réalités humaines, il n’y a pas de recette miracle. Mais face à l’inacceptable, on ne peut rester inactif.
Parmi les pistes : communiquer régulièrement le cadre, les valeurs, les règles de la structure ; partager le processus de signalement et dépôt de plainte, suivie d’effets (faire appel aux autorités légales, poser des sanctions); mais aussi : instaurer des temps d’échanges pour évaluer la motivation personnelle, les limites de chaque professionnel ; évaluer les projets d’accompagnement personnalisés des personnes aidées (avec leurs proches); évaluer la qualité de la vie dans l’institution, le service (analyses de pratiques, évaluations internes, externes).

Voir cette semaine la démarche de l’EHPAD Pean à Paris qui s’appuie sur l’approche Montessori : accueil long et personnalisé du résident et de ses proches (contrat, droits et devoirs de chacun), café-débat mensuel, formations des professionnels qui sont invités à lâcher leur pouvoir soignant, à ne pas faire à la place du résident mais plutôt à lui demander de l’aide.

La formation des professionnels est un investissement clé pour partager le projet de la structure mais aussi apporter des techniques concrètes face aux situations à risque (refus de soins, toilette, repas, actes violents”…). Mesurer les impacts (arrêts de travail, consommation médicamenteuse, hospitalisations) aide à montrer le retour sur investissement de ces enseignements s’ils sont pérennisés par un management impliqué, volontaire et exemplaire.
Voir aussi les travaux de l’Observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS) et ses fiches réflexes de conduite à tenir en cas de faits de violence dans un établissements de santé, médico-social.

Réfléchir, prévenir et lutter contre la violence : un travail personnel, collectif, institutionnel et sociétal.

Partager cet article