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Qualité & management

Maltraitances filmées dans un EHPAD du 77

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 25/01/2016

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Annie de VIvieComment des élèves d’un lycée professionnel, en formation pour devenir assistante de vie, accueillies, formées, tutorées par l’EHPAD, ont pu échapper la vigilance de l’équipe professionnelle pour réussir à filmer et publier des images dégradantes de résidents subissant leurs brimades ?

Quels regards ces jeunes filles de 1617 ans portent-elles sur ces personnes âgées, malades, désorientées, vulnérables pour s’en amuser ainsi ? Sont-elles encore des personnes à leur yeux ?

On sent poindre des questions de repères, de valeurs, d’éducation, de formations, de vision sur la vieillesse, sur l’avancée en âge et sur l’âgisme sociétal, mais aussi d’encadrement, de contrôle, de protection des personnes malades. Voir mes réponses sur le plateau du Magazine de la santé ce 25 janvier.

On voit que les valeurs affichées (les chartes) n’ont pas été comprises, partagées ni bien sûr incarnées par ces élèves.

Connaissent-elles les lois qui protègent l’intégrité, la dignité de toute personne, notamment quand elle est vulnérable ? Les ont-elles oubliées, zappées. Connaissaient-elles les sanctions ?
Elles sont passé outre et ont choqué leurs camarades, heureusement.

Comme le soulignaient le philosophe Didier Martz et le sociologue Alain Roquejoffre lors du colloque Ad-Pa 2015 à Montluçon, toute institution fermée accueillant des personnes vulnérables, porte en elle, des risques de déviance, de totalitarisme (prise de pouvoir sur l’autre).

Sans respirations, sans analyses de pratiques avec des regards extérieurs, sans soutien des professionnels avec des formations, organisations, outils, techniques (voir notre article cette semaine du Burn Out au bien-être au travail), sans contre-pouvoirs (CVS), sans énergies du dehors (visiteurs, bénévoles, écoles), sans repères clairs partagés incarnés, sans évaluations et contrôles réguliers, quotidiens, à tout heure, les risques de dérapages s’accélèrent.

Sans parler du manque de moyens et de considération dont les politiques Vieillesse font régulièrement les frais, comme le souligne Claudy Jarry de la Fnadepa. Il semblerait que le 5eme risque fera son retour dans la prochaine campagne présidentielle estime Laurence Rossignol.

Ces risques de maltraitance sont inhérents à chaque structure. Le projet d’établissement, ses valeurs, son organisation, sa démarche continue d’amélioration de la qualité seront soutenus par une vision claire, des gardes fous. La tolérance zéro sera connue de tous concernant tout acte de maltraitance sur toute personne (accueillie, salariée, bénévole…). La remontée d’information, de signalement, de plainte, le recours au 3977 seront valorisés. Mais ils devront être suivis d’effets rapides et concrets. Selon la gravité des faits, il y aura sanction interne ou appel aux autorités compétentes.

Rien n’est jamais acquis.
Toute structure, même certifiée, même labélisée, peut découvrir, demain, que de tels actes ont lieu chez elle.

La vigilance, organisée, outillée, soutenue, est donc permanente.

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