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Alimentation & nutrition

Faire et refaire : le gaspillage à la française

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 19/11/2012

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Annie de Vivie

Il est de notoriété publique que notre pays consacre des moyens certains — bien qu’insuffisants — à la solidarité avec les personnes handicapées, quel que soit leur âge.

La coordination des acteurs professionnels autour de la personne aidée et de ses proches est un thème récurrent de colloques, de rapports officiels.
La nécessité de disposer d’un outil d’évaluation multidimensionnel aussi.

Cet outil (qui peut s’appeler guide ou référentiel) permettrait idéalement d’évaluer la situation de la personne, sa santé, ses attentes, son logement, l’aide de ses proches ; de structurer les données reçues ; de décliner un plan d’aides adaptées : aides humaines, aides techniques, soins, adaptation du logement, aides sociales voire aides fiscales…

Et que constate-t-on ?

Que les grilles choisies en France sont partielles et critiquées à l’international
comme la grille Aggir, le référentiel Pathos en EHPAD (Etablissement pour personnes âgées dépendantes). Aggir permet d’accéder à l’APA (Allocation personnalisée d’autonomie) mais est réfutée par les assureurs dépendance par exemple, qui préfèrent tester les AVQ (activités de la vie quotidienne) et AIVQ (activités instrumentales de la vie quotidienne).

Que chaque structure fait au mieux et évalue sa part du besoin d’aide, avec son référentiel : Aggir pour déterminer l’APA, le réferentiel de chaque service pour définir l’aide à domicile, le référentiel de la CNAV pour le Plan d’Actions Personnalisé (PAP), celui du Services de soin infirmier (SSIAD), de l’Hospitalisation à domicile (HAD) etc…
Des internautes d’Agevillage témoignent de 8 évaluations réalisées à leur domicile, par 8 équipes différentes, alors que le secteur médico-social manque de moyens !

Que des expérimentations d’outils internationaux validés sont testée dans des MAIA comme le RAI (Résident Assessment Instrument”) d’origine américaine sur Marseille, le SMAF québecois en Dordogne depuis de nombreuses années. Ces expérimentations donnent des résultats qui éclairent sur les faiblesses de nos outils actuels (ex. Des écarts en besoins d’aides de 1 à 6 pour un Gir 2se désolait le Pr québécois Réjean Hébert devenu ministre de la santé au Québec).
Lors d’une conférence organisée par la CNSA sur le RAI, les utilisateurs d’une trentaine de pays ont démontré l’intérêt de comparer des politiques publiques (sur la consommation de médicaments par exemple).

Nonobstant, la France — via la CNSA — va de nouveau institutionnaliser SON référentiel global : le Geva (Guide d’EVAluation des besoins de compensation de la personne handicapée), déjà utilisé dans le champ du handicap, et décliné pour l’accompagnement de la maladie d’Alzheimer notamment (Geva A).
Il faudra s’approprier ce référentiel, former les différents professionnels, rendre les évaluations interopérables avec les logiciels de gestion utilisés…

Toute cette énergie, ce temps, ce savoir-faire ne seraient ils pas mieux utilisés ailleurs ?
Réinventer ce qui existe déjà, un mal français ?

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