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Accompagnements & soins

Interdire d’attacher et d’enfermer

Auteur Annie De Vivie

Temps de lecture 2 min

Date de publication 16/02/2022

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Parce que ça va mieux en disant.

Parce que les images de personnes attachées, enfermées sont intenables, voire impensables. Pas chez nous. Pas dans mon service voyons…

Voyons ces réalités justement.

Parce qu’elles viennent entacher encore plus l’image des services, des établissements comme les Ehpad. Alors que la déflagration du livre-enquête de Victor Castanet Les Fossoyeurs continue avec des auditions à l’Assemblée Nationale devant des élus de la République qui… n’en reviennent pas.

Parce que les professionnels osent l’écrire dans leurs plateformes à destination des politiques
, comme une bravade, un défi : celui de défendre leurs valeurs, leur professionnalisme, la qualité de prendre soin dont ils veulent être fiers. 

Parmi les plateformes, celle de l’AD-PA (à laquelle je contribue au sein du comité scientifique) pose ce cadre : interdire d’attacher et d’enfermer tout être humain (proposition 6).

Interdire d’attacher et d’enfermer partout, dans tous les domiciles, auprès de tous les proches, les familles, qui ont spontanément tendance à protéger, sécuriser, quand les premiers concernés réclament le respect de leurs droits, de leur liberté. D’ailleurs on entend monter leurs voix : ils étaient 250 lundi 14 février à la Cartoucherie à Vincennes aux côtés d’Ariane Mnouchkine, à l’initiative du Collectif national autoproclamé de la vieillesse qui va se structurer selon l’énergie de ses membres. Leur mot d’ordre : rien pour les vieux sans les vieux !

Interdire d’attacher et d’enfermer en prenant soin autrement, dans tous les services à domicile qui vont devenir en 2023 des Services autonomie (Saad/​ssiad/​Spasad réunis)… ce qui demandera des moyens, des équipes formées, accompagnées, managées, une structuration ce que les collectifs et fédérations professionnelles réclament depuis tant de temps.

Interdire d’attacher et d’enfermer pour éviter les pertes des repères. Voir cette semaine le retour sur notre colloque ANM (approches non médicamenteuses) 2021 avec l’importance du buste vertical et de la verticalité, avec Florence Lasnon Dussaussay, formatrice-instructeur Humanitude.

Interdire d’attacher et d’enfermer… oui mais entend-on. Oui mais comment faire sans suffisamment de personnel formé, au contact des personnes en situation de vulnérabilité. Oui mais comment faire sans des familles informées par suffisamment de personnel du soin, du prendre soin, de la vie sociale, de la restauration. Oui mais comment faire en situation de crise, comme cette crise covid qui n’est pas terminée. Un appel à témoignages des professionnels de terrain est lancé en vue de la journée d’hommage du 17 mars, deux ans après le 1er confinement, à laquelle Agevillagepro s’associera.

Pour rendre hommage aux professionnels qui malgré tout s’interdisent d’attacher et d’enfermer. Car demain ils prendront soin de leurs proches qu’ils ne voudront ni attacher ni enfermer. Et après-demain ce sera leur tour d’avoir besoin d’aides, de soins, sans être attaché ni enfermé.

D’où l’importance d’écrire maintenant l’histoire, de partager les récits réussis, d’imposer les arbitrages dans la campagne électorale.

Un récit aux repères clairs : il est interdit d’attacher et d’enfermer tout être humain.

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