Agevillage
  >   Actualités  >     >   Edito : Professionnels Sauv...

Edito : Professionnels Sauveurs/Victimes/Persécuteurs

Repérer et sortir du triangle dramatique de Karpman


Partager :

Le triangle de Stephen Karpman met en lumière les jeux psychologiques entre deux personnes capables de s'enfermer ou de jouer alternativement les trois rôles : sauveur, victime, persécuteur.

Identifier les rôles, analyser les motivations, les besoins nourris par ces rôles et les torts qu'ils peuvent causer, permettent d'en prendre conscience, de comprendre les besoins exprimés par ces rôles pour mieux les assumer ou s'en départir.

La crise sanitaire que nous vivons peut mettre en évidence des rôles conscients ou inconscients, voulus ou imposés.

Le rôle de "sauveur" est la motivation première des acteurs du prendre soin. Ils sont fiers d'être en capacité d'agir, de se mobiliser au service d'une population fragilisée, en danger, debout jusqu'aux derniers jours de la vie. Ils sont remerciés, chantés (par Jean-Jacques Goldman, par Vanessa Paradis notamment), applaudis chaque soir à 20 heures, sincèrement.

Mais ces sauveurs qui montent au front sans protections adaptées sont aussi parmi les victimes de la crise. Face aux manques, ils ne lâchent rien et déploient un système D incroyable. Ces sauveurs sont parfois aussi victimes des rejets des mêmes citoyens qui les héroïse le jour et leur écrivent des mots anonymes la nuit pour qu'ils aillent habiter et se garer ailleurs. La peur du risque, de la contamination  car ils risquent de contaminer, de persécuter...à leur corps défendant. Et demain on espère que le comptage des morts en ESMS ne les visera pas, eux qui sont en première ligne depuis le début, sans suffisamment de protection !

Ces sauveurs sont entrainés "pour des mesures de protection" à devoir prendre des mesures qui heurtent leur valeurs professionnelles : à devoir confiner, enfermer, voire contentionner ces personnes fragilisées qui cumulent des pathologies neuro-évolutives, des états confusionnels aggravés aux risques de syndrômes de glissement...
Les sauveurs se ressentent persécuteurs, voire victimes de ces injonctions à l'encontre de leurs valeurs.

Face aux peurs, aux stress, à ces rôles qui s'alternent et déstabilisent consciemment ou inconsciemment : une des premières pistes et de se poser pour mettre des mots sur ces vécus, ces ressentis. Mettre des mots aussi sur le contexte exceptionnel, le phénomène sanitaire inédit, les manques, les moyens disponibles pour poser individuellement et collectivement le bon niveau de soin comme le souligne la philosophie de l'Humanitude. Des psychologues, des thérapeutes, des coachs, se mettent à la disposition de tous les professionnels de l'aide, du soin, de l'encadrement. Utilisez-les !

Qu’on donne plutôt aux professionnels les moyens d’assumer leurs responsabilités, avec une reconnaissance publique réelle, estime le Pr. Emmanuel Hirsch. L'avis du CCNE (Comité consultatif national d'éthique) semble lui donner raison en exigeant des mesures de protections mesurées, limitées dans le temps, l'espace, ajustées à chaque situation individuelle. (Voir les six points clés de difficultés pointés par l'Observatoire Ethique Ile de France, voir aussi les conseils du Dr. Véronique Lefebvre des Noettes pour faire face psychologiquement au confinement ?)
Et en cas de décisions graves de protection contre le Covid 19 comme des contentions physiques et psychiques (Un stade 3 comme le partagent les labellisés Humanitude), le CCNE pose l'obligation d'une délibération collégiale, tracée, interdisciplinaire.

Les acteurs de terrain ont besoin de soutiens pour leurs projets (Marie-Anne Montchamp présidente de la CNSA veut libérer les énergies). Les acteurs demandent des cadres, des recommandations qui fassent confiance et protègent les stratégies adaptatives, éthiques, justifiées et tracées.

Des stratégies posées, discutées, tracées, les plus à distance possible des pièges du triangle infernal de Karpman.


mis à jour le



Partager :


Vos réactions

Balphi

02/04/2020 08:04

Edito


Comme d'habitude Madame la Présidente toujours à la hauteur non seulement de ses responsabilités mais aussi nous apporte et nous rappelle les fondements de l'être humain... Quelle en soit remercier plus que chaleureusement et surtout qu'elle nous reste le plus longtemps possible. Nous avons besoin de ses lumières et de son bon sens humain... Philippe B




Réagir à cet article :

* ne sera pas affiché


HAUT DE PAGE

© Eternis SA -